(La Dg Kiniffo détaille la vision et les tarifs)
La Directrice générale (Dg) de l’Agence nationale de gestion des marchés (Anagem), Eunice Loisel Kiniffo, a annoncé, le mardi 29 juillet 2025, lors d’une conférence de presse tenue à Cotonou, le démarrage officiel, dès le 31 juillet 2025, du paiement des redevances pour les étals des marchés urbains et régionaux fraîchement construits par le gouvernement béninois.
Après près d’un an d’occupation gratuite, cette étape marque un tournant majeur pour la pérennité et la gestion des infrastructures marchandes du Bénin. Eunice Loisel Kiniffo a insisté sur la nature essentielle de ces paiements, les qualifiant de « petite contribution » des vendeurs et vendeuses, cruciale pour couvrir les charges d’exploitation des marchés. « Ces redevances permettront de faire face aux coûts liés à l’eau, l’électricité, la propreté et la sécurité des marchés », a-t-elle expliqué, soulignant l’engagement de l’Anagem pour une gestion « responsable, inclusive et en droite ligne avec les orientations stratégiques du chef de l’État ». La Directrice générale a ensuite détaillé les montants quotidiens et mensuels des redevances, variables selon la localisation et le type d’activité. Pour les marchés urbains de Cotonou, les étals standards s’acquitteront de 600 francs Cfa/jour, tandis que les bouchers et poissonniers paieront 700 francs Cfa/jour. Cette différence de 100 francs Cfa s’explique, selon la Dg, par la « forte utilisation d’eau par ces secteurs d’activité », nécessaire pour l’hygiène de leurs espaces. Les écailleurs et déplumeurs auront respectivement des tarifs de 200 francs Cfa/jour et 350 francs Cfa/jour. Des barèmes adaptés ont également été fixés pour les marchés urbains des villes à statut particulier comme Ahouangbo (Porto-Novo), Houndjro (Abomey), Djougou et Guèma (Parakou), où les étals paieront 450 francs Cfa/jour et les bouchers 550 francs Cfa/jour, entre autres. Quant aux marchés régionaux, souvent animés de manière périodique, les redevances sont calculées par jour de marché : à Azovè, Houègbo, Pahou et Natitingou, les étals devront 1 250 francs/jour et les bouchers 1 300 francs Cfa, avec une exception pour les bouchers permanents de Natitingou à 400 francs Cfa/jour. Glazoué, marché hebdomadaire, verra les étals et bouchers/poissonniers s’acquitter de 1 875 francs Cfa et 1 925 francs Cfa respectivement par jour de marché. Les écailleurs et déplumeurs des marchés régionaux paieront quant à eux 100 francs Cfa et 200 francs Cfa par jour de marché.
Des moyens de paiement plus simplifiés
Pour faciliter les paiements, l’Anagem a déployé un système électronique innovant. « Les commerçants pourront régler leurs redevances depuis leurs téléphones, qu’ils soient Android ou non », a précisé la Dg Kiniffo, insistant sur la volonté de garantir « transparence, équité et fiabilité » dans la collecte. Par ailleurs, dans une démarche de bonne gouvernance et de concertation, des Comités techniques consultatifs (Ctc) seront mis en place dans chaque marché. Composés de deux représentants des commerçants, deux de l’Anagem et du Chef d’Arrondissement concerné, ces comités assureront une gestion de proximité et une remontée d’informations régulière à l’agence, favorisant ainsi « impartialité et transparence ». À en croire la Dg, l’Anagem franchit ainsi une étape majeure dans la structuration et la modernisation de la gestion des marchés au Bénin, transformant l’investissement public en une source de financement essentielle pour la pérennité des infrastructures et l’amélioration continue des services aux usagers.
Karol B. Sékou (Coll)

















