La Commission électorale nationale autonome (Céna) a entrepris depuis quelques jours, une tournée d’explication sur l’ancrage juridique et les conditions d’opérationnalisation du parrainage en vue de l’élection présidentielle de 2026. Une mission magistralement menée par l’institution chargée de l’organisation des élections au Bénin et à l’issue de laquelle, la confiance des acteurs politiques a été renforcée sur la régularité du scrutin à venir et les appréhensions dissipées sur l’auto-parrainage.
De façon générale, l’objectif de la Céna en initiant ces échanges avec les potentiels parrains, est de clarifier le cadre légal régissant le parrainage, les modalités pratiques de sa mise en œuvre et le rôle des élus locaux dans le processus. A l’arrivée, l’institution présidée par Sacca Lafia est parvenue à obtenir de la part des députés et maires, une compréhension harmonisée du dispositif afin de prévenir toute ambiguïté lors de son application. Cependant, une question est apparue à la surface des échanges : c’est celle liée à l’auto-parrainage. Le sujet, agité depuis quelques jours, a suscité de vives controverses au sein de la classe politique. Face aux parlementaires, le directeur général des élections, Boukary Adam Soulé, a été clair et sans équivoque : « Si un candidat peut voter pour lui-même, il n’y a pas de raison à ce qu’il ne puisse pas s’auto-parrainer ». Autrement dit, tout comme le candidat dispose du privilège de voter pour lui-même, rien ne devrait empêcher un élu qui ambitionne de figurer dans les starting-blocks de la Présidentielle du 12 avril prochain, de signer son propre parrainage.
Une question d’intérêt
A y voir de près, cette question, quoique banale à première vue, ne manque pas de pertinence. Il revêt un intérêt pour le parti « Les démocrates » qui, à ce jour, dispose de 28 parrains potentiels, c’est-à-dire le nombre exact de parrainages requis, au regard des dispositions du Code électoral en vigueur et de la configuration actuelle du Parlement, pour porter et faire valider la candidature d’un prétendant à la magistrature suprême. Il n’est pas exclu, au vu des enjeux liés à ce scrutin, que le porte-flambeau du principal parti de l’opposition béninoise, soit un député. Dans ce cas, de peur que ce point sensible du parrainage ne soit agité pour disqualifier le parti, il parait judicieux de lever toute ambiguïté sur la question avant l’heure. C’est là tout l’intérêt de la clarification de la Céna qui a eu le mérite de dissiper les doutes sur le sujet.
Gabin Goubiyi




















