Le chef de l’Etat a sacrifié à la tradition du discours annuel sur l’état de la nation le mardi 13 décembre 2025. Entre autres points abordés par le président Patrice Talon, il y a la nécessité de changer de logiciel pour un véritable développement économique et progrès socio-économiques du Bénin.
Il est apparu clairement dans le discours du chef de l’Etat sur l’état de la Nation que le diagnostic du bout des lèvres sans une réelle volonté de passer à l’action pour corriger les choses afin de se lancer sur la bonne trajectoire, a été l’une des tares qui ont freiné le décollage du Bénin. En effet, des personnalités se sont succédé à la tête du pays avec chacune son concept pour la bonne gouvernance. Malheureusement, chacune d’elle a essayé tant bien que mal de changer de paradigme sans pouvoir atteindre leur objectif. Pas parce qu’elles n’ont pas la volonté, mais du fait de leur incapacité à véritablement passer à l’action. Fierté du peuple béninois, la démocratie, acquise à la suite des luttes acharnées n’a pu combler toutes les attentes avec les espoirs déçus de la conférence nationale, mérite un meilleur contenu. Elle doit aussi rimer avec développement économique et progrès socio-économiques. Bien que le gouvernement de la Rupture ait pu régler certains dysfonctionnements qui ralentissaient le développement du pays à savoir les grèves sauvages, l’installation anarchique de cliniques ou de centres de santé, l’impunité, l’organisation frauduleuse de concours d’entrée à la fonction publique, la mal gouvernance, beaucoup restent à faire. Voici venu le temps du devoir. Finie l’ère des privilèges sans devoir et obligation de résultats. L’appel à des dirigeants de type nouveau mû par le sacerdoce du service, a été beaucoup mis en relief dans le message du président Talon. Cela jette une lumière nouvelle sur les motivations et les fondements de la gouvernance Talon. « Ma conviction est qu’un effort reconnu nécessaire mais consenti à moitié est vain. C’est pour cela que nous avons raison d’aller au bout de la refonte de notre modèle politique pour l’adapter à nos réalités et assoir durablement notre développement attendu et réclamé par tous… Pour ce faire, diriger la Nation béninoise ne doit plus être perçu comme un simple droit, mais plutôt comme un devoir qui requiert de la disponibilité, de la vision, de la compétence et l’esprit de sacrifice. C’est pourquoi, de plus en plus, la démocratie se définit au Bénin comme un facteur de développement et de promotion du bien-être citoyen. Elle n’est plus un prétexte de pagaille, de corruption et d’impunité. Au Bénin, il ne suffit plus d’être harangueur de foules et vendeur d’illusions proclamé acteur politique, pour s’emparer de notre destin commun sans autre projet que d’en jouir seul avec les siens. Pour nous diriger au Bénin, nous protéger, assurer notre développement et notre bien-être, il faut en être capable et le mériter politiquement. Être acteur politique ne confère plus aucun droit, il n’astreint qu’à des devoirs et à l’humilité, voire à l’effacement et même au sacrifice de soi », a souligné le chef de l’Etat dans son discours sur l’état de la Nation.
Odi I. Aïtchédji




















