Le ministre des Affaires étrangères, Olushegun Adjadi Bakari, a donné un point de presse hier, lundi 30 mars 2026 pour clarifier la position du Bénin suite à son absence lors du vote de la résolution A/80/L.48, adoptée le 25 mars 2026 par l’assemblée générale de l’Organisation des nations unies, déclarant la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage crime d’une extrême gravité contre l’humanité.
Face aux professionnels des médias hier, lundi 30 mars 2026, Olushegun Adjadi Bakari, ministre des Affaires étrangères a affirmé que le Bénin fait partie des pays qui ont co-sponsorisé cette résolution. A entendre le chef de la diplomatie béninoise, le Bénin a pris part aux travaux de rédaction avec la République sœur du Ghana, mais aussi avec d’autres républiques sur le continent africain. « Notre représentant permanent aux Nations unies a participé à la rédaction de cette résolution, à son amendement et l’a porté également dans les différentes instances, notamment au sein du groupe africain », a-t-il insisté. Il a souligné que ce co-sponsoring qui a été pris plusieurs jours avant le vote, témoigne sans ambiguïté de la position de principe du Bénin. « Il ne souffre d’aucune interprétation contraire », a-t-il rassuré. Durant ce rendez-vous médiatique, le ministre des Affaires étrangères a également rappelé les actions menées par le gouvernant du président Patrice Talon pour le maintien et la sauvegarde de tout le patrimoine immatériel lié à la traite transatlantique. « L’attachement du Bénin à la cause mémorielle afrodescendante ne date pas d’aujourd’hui. Il se traduit par des actes concrets : l’adoption en juillet 2024 de la loi accordant la nationalité béninoise aux personnes d’ascendance africaine, la préservation et la valorisation des lieux de mémoire de la traite négrière sur son territoire, dont la Porte du Non-Retour à Ouidah, et son engagement constant dans toutes les enceintes multilatérales sur ces questions », a-t-il rappelé. L’absence de la délégation béninoise lors du vote du 25 mars 2026, selon lui, est due à un dysfonctionnement administratif interne, intervenu dans un contexte particulier marqué par la période électorale. « Il ne vous a pas échappé que nous sommes en pleine campagne électorale et que, tout ministre ….je suis également un acteur politique. Et donc je n’étais pas forcément joignable par notre représentant permanent aux Nations unies, et la procédure veut que tout vote fasse l’objet d’une instruction formelle. Et donc, en l’absence d’instruction formelle venant de ma part, parce que je n’étais pas joignable immédiatement pendant quelques jours pris par un certain nombre de réunions, notre représentant permanent n’a pas pu prendre part au vote », a justifié le ministre des Affaires étrangères. A l’en croire, dès le 27 mars 2026, les autorités béninoises ont transmis une notification officielle d’intention de vote favorable au Secrétariat de l’assemblée générale des Nations unies. « Elle est inscrite au procès-verbal officiel de la séance et établit formellement la position favorable du Bénin », a-t-il précisé. Pour conclure, il a dit que le Bénin demeure résolu à porter, dans toutes les enceintes multilatérales, la voix des peuples africains et afrodescendants, et à œuvrer pour que la mémoire de la traite transatlantique ne tombe pas dans les banalités de l’histoire, afin que plus jamais l’humanité ne connaisse une telle horreur.
Patrice Zoundé (Coll)


















