(Lire l’entretien exclusif du Délégué général)
À quelques heures du lancement officiel de la première édition du Festival du Livre de Parakou (FeLiPa), l’effervescence monte dans la cité des Kobourou qui s’apprête à accueillir l’un des plus grands rendez-vous culturels et littéraires du nord Bénin. Prévu du 28 au 30 mai 2026 autour du thème « Lire pour bâtir : le livre comme ciment du vivre ensemble », l’événement réunira auteurs, éditeurs, universitaires, élèves, étudiants et passionnés du livre autour de plusieurs activités culturelles et intellectuelles. Dans cet entretien accordé au journal ‘’Le Matinal’’, le Délégué Général du FeLiPa, Francel Sèna Loko, revient sur les ambitions du festival, les innovations prévues pour cette première édition ainsi que les derniers réglages organisationnels avant le grand lancement.
Le Matinal : Où en sont actuellement les préparatifs de cette première édition du FeLiPa ?
Francel Sèna Loko : Les préparatifs avancent très bien. FeLiPa est prêt à voir le Jour. La mobilisation est totale. Ceux qui doivent quitter loin font déjà leurs réservations. Les auteurs, les maisons d’édition et les acteurs culturels s’activent à rendre la fête très belle. Les différents sites du festival sont déjà identifiés, notamment les bibliothèques CAEB-FV, l’Université de Parakou, et plusieurs établissements scolaires. Nous réglons également les derniers détails sur la logistique, la programmation des activités et la communication afin d’offrir au public une première édition mémorable et bien structurée.
Pourquoi avoir choisi le thème : « Lire pour bâtir : le livre comme ciment du vivre ensemble » pour cette édition inaugurale ?
Nous avons choisi ce thème parce que nous croyons profondément que le livre est un outil de construction sociale. Aujourd’hui, dans un contexte marqué par plusieurs formes de divisions et de fractures sociales, la lecture peut devenir un véritable moyen de rapprochement, d’ouverture à l’autre et de cohésion sociale. À travers ce thème, nous voulons rappeler que le livre ne doit pas être considéré comme un luxe, mais comme un outil accessible à tous pour bâtir une société plus consciente, plus tolérante et plus solidaire.
Le FeLiPa se déroulera sur trois jours avec plusieurs activités au programme. Quelles sont les grandes innovations que le public doit retenir ?
Le FeLiPa propose une approche participative et inclusive du livre. Parmi les innovations majeures, il y aura des cafés littéraires, des descentes dans des écoles des ateliers d’écriture et d’illustration pour les jeunes, des projections de films documentaires sur la littérature africaine, des performances artistiques autour du slam et de la poésie en langues locales ainsi qu’un village du festival consacré aux expositions et ventes d’ouvrages. Nous voulons créer une expérience vivante du livre et non un simple événement académique.
Selon le programme officiel, le festival débutera par une caravane et une animation culturelle à l’Université de Parakou. Quel est l’objectif de cette mobilisation populaire dès le premier jour ?
L’objectif est de créer dès l’ouverture une dynamique populaire autour du livre. Nous voulons faire sortir la lecture des bibliothèques et des salles de classe pour l’amener au cœur de la ville et de la jeunesse. La caravane et les animations permettront de sensibiliser le public, d’attirer l’attention sur les enjeux de la lecture et de montrer que le livre peut aussi être un espace de fête, de partage et d’expression culturelle.
Plusieurs tables rondes seront organisées autour du livre, de la jeunesse, du numérique et du développement durable. Pourquoi ces thématiques sont-elles importantes aujourd’hui ?
Ces thématiques sont directement liées aux réalités actuelles de notre société. La jeunesse représente l’avenir et il est important de réfléchir à son rapport à la lecture dans un monde de plus en plus numérique. Le développement durable, quant à lui, exige des citoyens informés et conscients. Le livre joue donc un rôle essentiel dans l’éducation, la transmission des valeurs et la construction d’une société capable de relever les défis contemporains.
Le FeLiPa prévoit également des cafés littéraires, des rencontres avec les auteurs et des activités dans les collèges et lycées. Peut-on dire que cette édition accorde une place particulière à la jeunesse ?
Absolument. La jeunesse est au cœur du projet. Nous avons prévu plusieurs activités pédagogiques et interactives spécialement destinées aux collégiens et lycéens. L’objectif est de leur donner le goût de la lecture, de stimuler leur créativité et de leur permettre d’échanger directement avec les auteurs. Nous voulons que les jeunes se sentent concernés et impliqués dans la vie littéraire.
Vous avez récemment annoncé une évolution importante concernant le parrainage du festival avec la nomination du Préfet du Borgou-Alibori au gouvernement en tant que Ministre délégué de l’Intérieur. Quel impact cette nomination apporte-t-elle à l’événement ?
Francel Sèna Loko : Cette nomination représente avant tout une source de fierté et de motivation. Elle montre que les personnalités qui soutiennent le festival occupent des responsabilités importantes au niveau national. Cela peut contribuer à renforcer la visibilité et la crédibilité de l’événement.
Le Professeur Abel ASSAVEDO est annoncé comme Président d’honneur du festival. Pourquoi ce choix et quel sera concrètement son rôle durant le FeLiPa ?
Le choix du Professeur Abel ASSAVEDO traduit la volonté du festival de s’appuyer sur des figures intellectuelles reconnues pour leur engagement en faveur du savoir et de la culture. Sa présence apporte une caution académique et morale importante à cette première édition. Son rôle pourrait consister à accompagner les réflexions scientifiques et culturelles du festival, participer aux échanges et encourager la jeunesse autour des valeurs du livre et de la transmission du savoir.
Le Village du Festival accueillera des stands, expositions, ventes et achats d’ouvrages pendant les trois jours. Quels types d’exposants et de participants sont attendus ?
Nous attendons des auteurs béninois, des maisons d’édition, des libraires, des bibliothèques, des associations culturelles, des structures éducatives ainsi que plusieurs acteurs de la chaîne du livre. Le village du festival sera un espace de rencontres, de découvertes et d’échanges autour des œuvres littéraires et des initiatives culturelles.
Peut-on déjà avoir une idée des écrivains, auteurs ou personnalités culturelles qui prendront part à cette première édition ?
Le festival prévoit la participation de nombreux auteurs, éditeurs et acteurs culturels venus de plusieurs départements du Bénin. Certains noms seront dévoilés officiellement dans les prochaines communications. Le Directeur de la Bibliothèque nationale du Bénin sera là. Le Grand prix Littéraire 2026 etc..
Le Matinal : Quels dispositifs organisationnels et sécuritaires ont été prévus pour assurer le bon déroulement des activités durant les trois jours du festival ?
Francel Sèna Loko : Une organisation rigoureuse est en cours de mise en place pour assurer le bon déroulement du festival. Cela concerne la coordination des sites, l’accueil des participants, l’hébergement des invités, les déplacements, la restauration ainsi que la sécurité des différents espaces d’activités. Un travail est également fait avec les autorités locales et les structures compétentes afin de garantir un cadre sécurisé et convivial
Au-delà de l’aspect culturel, quel impact économique et touristique le FeLiPa peut-il avoir pour la ville de Parakou ?
Le FeLiPa peut avoir un impact important pour Parakou. Un tel événement attire des visiteurs, des auteurs, des partenaires et des acteurs culturels venant de plusieurs régions. Cela peut dynamiser les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, du transport et du commerce local. Sur le plan touristique, le festival contribuera aussi à renforcer l’image de Parakou comme une ville culturelle et intellectuelle du nord du Bénin.
Le livre fait aujourd’hui face à la montée du numérique. Comment le FeLiPa compte-t-il réconcilier lecture traditionnelle et outils numériques ?
Le numérique ne doit pas être vu comme un adversaire du livre, mais comme un outil complémentaire. Le FeLiPa veut justement créer un dialogue entre les formes traditionnelles de lecture et les nouvelles pratiques numériques. Les échanges autour du numérique permettront de réfléchir à la manière dont les outils digitaux peuvent contribuer à rendre le livre plus accessible et à intéresser davantage les jeunes générations à la lecture.
Qu’attendez-vous particulièrement de cette toute première édition du Festival du Livre de Parakou ?
Nous espérons avant tout poser les bases d’un grand rendez-vous littéraire durable à Parakou. Cette première édition doit permettre de créer une dynamique autour du livre, de rapprocher les acteurs culturels des populations et de donner envie aux jeunes de lire davantage. Nous voulons également montrer qu’il est possible de développer de grands événements culturels en dehors de Cotonou.
Quel message souhaitez-vous adresser aux populations, aux amoureux du livre et aux partenaires à quelques jours du lancement officiel ?
J’invite toute la population de Parakou, les amoureux du livre, les élèves, les étudiants, les enseignants, les parents et les partenaires à se mobiliser autour de cette initiative. Le FeLiPa est un projet collectif qui vise à faire du livre un outil de dialogue, d’éducation et de développement. Nous avons besoin de l’engagement de tous pour faire de cette première édition un succès historique pour Parakou et pour le Bénin. Je ne finirais pas sans dire ma gratitude infinie au Parrain de la première édition, le Ministre Djibril Mama Cissé, à l’Ong Horizons culturels, au Comité d’organisation ainsi qu’à tous nos partenaires.
Propos recueillis par Romuald Affédjou (Coll Borgou/Alibori Le Matinal)




















