À l’occasion de l’édition 2026 de la Journée mondiale de la faim célébrée le 28 mai, l’Ong internationale The Hunger Project-Bénin a organisé un briefing média afin de présenter aux professionnels de l’information les résultats concrets de ses interventions dans les communautés rurales du Bénin. Une rencontre riche en échanges qui a permis de mettre en lumière les prouesses réalisées par l’organisation à travers sa stratégie des Épicentres ainsi que les perspectives envisagées pour améliorer durablement les conditions de vie des populations vulnérables.
Présenter les grandes réalisations de l’organisation internationale The Hunger Project en marge de la commémoration de la Journée mondiale de la faim, une approche qui prend en compte la promotion de l’agriculture durable, l’éducation et la sensibilisation, l’amélioration des soins de santé et le développement économique et égalitaire des femmes et des jeunes en milieu rural. Placée cette année sous le thème « La fin de la faim est entre nos mains », la Journée mondiale de la faim a servi de cadre pour rappeler que les solutions durables contre la faim existent déjà au sein des communautés locales. À travers ses différents programmes, The Hunger Project-Bénin mise essentiellement sur l’autonomisation des femmes, le leadership communautaire et l’implication des collectivités locales pour l’accès au financement et l’amélioration des conditions de vie des femmes en matière d’entrepreneuriat. En effet, malgré la croissance économique remarquable et la forte production agricole, la faim persiste. Selon les statistiques, près de 26 % des ménages béninois souffrent encore d’insécurité alimentaire tandis que plus de 36 % des enfants de moins de cinq ans accusent un retard de croissance. Pour inverser cette tendance, l’organisation internationale The Hunger Project-Bénin déploie depuis 27 ans la stratégie des Épicentres, une approche intégrée de développement communautaire qui place les populations au cœur de leur propre transformation.
De grandes performances
De 1997 à ce jour, 18 épicentres ont été construits dans seize communes du Bénin notamment à Abomey-Calavi, Pèrèrè, Bétérou, Dassa, Savalou, Savè, Aplahoué, Klouékanmey, Djakotomey, Djougou, Athiémé, Adjohoun, Za-Kpota, Ouinhi et Zogbodomey. Seize de ces épicentres sont aujourd’hui autonomes, preuve de la capacité des communautés à gérer elles-mêmes leur développement. Un 19e épicentre est actuellement en construction dans l’arrondissement de Bouanri, commune de Bembèrèkè. Ces infrastructures communautaires sont devenues de véritables pôles de services de proximité intégrant nutrition, agriculture durable, accès à l’eau potable, inclusion financière, entrepreneuriat féminin, santé et gouvernance locale. Les impacts enregistrés sont considérables. Plus de 396 000 personnes ont déjà vu leurs conditions de vie améliorées grâce aux actions de l’organisation, dont une forte majorité de femmes rurales. Dans son intervention, Roland Essou, Chef zone Nord, a expliqué que la mise en place de plusieurs épicentres a été rendue possible grâce à des projets structurants. Parmi eux figure le Projet d’appui au développement de la filière maraîchage qui vise à améliorer les conditions socio-économiques des jeunes femmes de l’arrondissement de Bouanri. À cela s’ajoute le projet d’appui au développement durable de la filière karité qui accompagne les femmes transformatrices d’amandes de karité dans les arrondissements de Gamia et de Fô-Bouré. Le programme « Youths for Communities Resilient » (Y4CR) constitue également l’un des piliers majeurs de transformation sociale mis en œuvre par The Hunger Project-Bénin. Ce projet ambitionne d’améliorer durablement la situation socio-économique des jeunes de Dassa-Zounmè grâce à des modèles innovants dans l’agriculture et l’entrepreneuriat. D’ici 2028, environ 4 650 jeunes devraient bénéficier de ce programme. D’autres initiatives ont également permis d’obtenir des résultats significatifs. Le programme de nutrition Amnd a permis à plus de 9 600 enfants âgés de 0 à 5 ans de bénéficier de services essentiels de santé et de nutrition. Quant au programme Water First, il a favorisé la réalisation de 20 nouveaux forages ainsi que la réhabilitation de 121 ouvrages hydrauliques dans plusieurs communautés partenaires. Sur le plan agricole et environnemental, près de 14 000 producteurs et productrices ont adopté des pratiques de gestion durable des terres et d’adaptation aux changements climatiques. De nouveaux projets axés sur le maraîchage, le karité et la gestion durable de l’eau ont d’ailleurs été lancés en 2026. Le dernier projet en phase expérimentale porte sur la construction de barrages de sable pour améliorer la disponibilité de l’eau dans les zones rurales. Autre réussite majeure issue de cette dynamique communautaire, la Caisse communautaire rurale du Bénin (Ccr-Bénin), devenue aujourd’hui autonome et symbole de la capacité des populations rurales à bâtir des institutions financières durables.
Tous unis pour la fin de la faim
Dans son intervention, la Directrice pays de The Hunger Project-Bénin, Élodie Iko, a laissé entendre que la mobilisation des acteurs et partenaires confirme une conviction partagée selon laquelle la faim n’est pas une fatalité. Elle témoigne d’un engagement commun à faire progresser la lutte contre la faim, en donnant de la visibilité aux solutions innovantes et durables portées par les communautés. A l’en croire, des solutions existent et elles prennent vie chaque jour à travers les actions des communautés, des femmes, des jeunes et grâce à l’appui des partenaires et des institutions. « En portant le thème « La fin de la faim est entre nos mains », nous avons réaffirmé que le changement systémique naît de notre synergie. Ce message nous rappelle que chacun a un rôle à jouer. Et c’est ensemble, en unissant nos forces et en amplifiant les initiatives locales que nous pourrons accélérer les transformations en cours », a lancé la Directrice pays avant de lancer un appel à la mobilisation collective. « Ensemble, brisons le cycle. Ensemble, agissons. Les personnes confrontées à la faim ne sont pas le problème. Elles sont le pivot de la solution Rendons le combat contre la faim visible, car la solution est effectivement dans nos mains. », a-t-elle conclu. À travers ce grand briefing média, The Hunger Project-Bénin entend renforcer la compréhension de ses actions et de consolider son engagement commun en faveur d’un monde sans faim, d’une part. D’autre part, ce canal d’échanges a permis de donner de la visibilité aux solutions communautaires et au leadership féminin dans la lutte contre la faim, un défi complexe, mais soluble.




















