Alors que la cigarette traditionnelle recule, le Bénin fait face à l’invasion de la chicha, de la vape et des sachets de nicotine. À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac ce dimanche 31 mai 2026, le pays durcit le ton pour protéger sa jeunesse face au marketing agressif de l’industrie. Entre arsenal juridique et lutte contre la contrebande, le défi reste immense.
L’arsenal change, mais le danger reste le même. À l’heure où les statistiques mondiales montrent un recul de la cigarette classique, une menace plus insidieuse frappe aux portes du Bénin. Les nouveaux produits nicotiniques, présentés à tort comme inoffensifs, inondent le marché local. Face à cette offensive silencieuse, l’État béninois et la société civile profitent de la célébration de ce 31 mai pour siffler la fin de la récréation et dénoncer les tactiques de séduction des industriels.
Le piège de la nouveauté : chicha et vape dans le viseur
L’industrie du tabac a renouvelé son arsenal. Les cigarettes classiques cèdent progressivement la place à des dispositifs électroniques et à des pipes à eau aux parfums fruités. Présentés à tort comme des alternatives inoffensives, ces produits constituent en réalité une porte d’entrée agressive vers la dépendance à la nicotine. Au Bénin, la popularité croissante de la chicha et des « puffs » chez les adolescents inquiète particulièrement les autorités sanitaires, qui y voient une menace directe pour la santé publique.
Une législation stricte mais un défi d’application
Pour contrer cette offensive, le Bénin s’appuie sur un cadre juridique solide, la loi anti-tabac de 2017. Elle encadre de façon rigoureuse la vente et interdit la publicité de tous les produits du tabac et de leurs dérivés.
Fumer dans les administrations, les transports communs et les lieux publics clos reste strictement interdit. L’obligation d’apposer des images sanitaires chocs sur les emballages vise à détruire l’attrait marketing de ces produits. Le principal défi réside désormais dans l’application stricte de ces textes sur l’ensemble du territoire, notamment face à l’essor des salons de chicha clandestins.
La contrebande et l’ingérence, les deux fronts de la lutte
Les efforts nationaux butent sur deux obstacles majeurs, les réseaux de contrebande. Des cigarettes illicites transitent par les zones frontalières de Kétou, Bassila, Kalalé ou Djidja, échappant ainsi aux taxes et aux contrôles sanitaires. Les multinationales utilisent des accords commerciaux pour tenter de limiter la marge de manœuvre fiscale de l’État et maintenir des prix accessibles pour les jeunes. Face à ces tactiques de séduction, des organisations locales comme l’Ong Initiative pour l’éducation et le contrôle du tabagisme (Iect) accentuent la sensibilisation en milieu scolaire. Le Bénin réaffirme sa volonté de mobiliser des financements intérieurs durables et de renforcer les contrôles douaniers. L’objectif est clair, bouter ces nouveaux poisons hors de portée des futures générations.

















