Depuis environ deux mois, la police républicaine est dans une nouvelle dynamique pour repousser les bornes de la corruption, du rançonnement et du clientélisme à la frontière Sèmè-Kraké, plus précisément au Poste de contrôle juxtaposé (Pcj) entre le Bénin et le Nigéria, afin de faciliter la libre circulation des personnes et des biens. Constat sur le terrain.
« Pas d’argent à donner pour les contrôles ». C’est l’un des messages de sensibilisation de la police républicaine contre la corruption, le rançonnement et le clientélisme à la frontière Sèmè-Kraké où il se trouve le Poste de contrôle juxtaposé ( Pcj ) entre le Bénin et le Nigeria. Par le passé, à l’entrée comme à la sortie du Pcj, il y avait des individus ou simples civils qui faisaient des contrôles sur des commerçants qui étaient pour la plupart obligés de les soudoyer avant de circuler. « Les chauffeurs des camions gros porteurs donnent chacun 2000 aux Klébés des policiers avant de passer. S’ils ne le font pas le geste, ils seront bloqués….. », décriait Lucien Gohoungo, président des transporteurs de Sèmè-Kraké. Depuis plus de deux mois, les dénonciations ont amené la direction générale de la police républicaine à installer de nouveaux éléments au commissariat de Kraké-Plage sis au Pcj avec comme feuille de route l’éradication de la corruption et de ses corollaires sur les lieux. Contact sur le terrain : plus de civils aux côtés des policiers à l’entrée comme à la sortie du Pcj. « Effectivement, nous apprécions le nouveau commissaire de police de Kraké-Plage. Très humble, il descend régulièrement sur le terrain et fait bien son travail. Par le passé, le port de casque ou de ceinture de sécurité n’était pas respecté. On faisait tout ce qu’on veut à Kraké, ici. Nous nous comportions comme ceux du Nigéria. A son arrivée, il a mis fin à tout cela. Aujourd’hui, nous nous rendons compte que nous sommes sur le territoire béninois. Qu’il continue ainsi….. », a confié Sylvestre Ayivoh, un agent de lutte contre le trafic des enfants à la frontière Sèmè-Kraké. Par rapport à la corruption, il a témoigné : « C’est fini ! Avant, il y avait des Klébés des policiers. Maintenant, les gens passent librement. Mais, ceux qui sont en infraction, sont automatiquement interpellés par la police…. », a-t-il précisé.
Dialogue et sanctions
En dehors du Poste de contrôle juxtaposé, il est établi que la police républicaine a renforcé sa collaboration avec les autorités politico-administratives, afin de réglementer la circulation à Sèmè-Kraké à travers la sensibilisation et le dialogue, avant la répression. Par exemple, le maire de Sèmè-Podji, Thomas Singbo, et les policiers travaillent en symbiose contre les charges hors-parc. Jeudi dernier, les deux parties ont effectué une descente sur la gare routière de Sèmè-Kraké pour faire remarquer que cette pratique engendre des problèmes d’insécurité, perturbe l’organisation des activités économiques et prive la commune de ressources financières. Ils ont pu sensibiliser les acteurs concernés sur les conséquences du chargement hors parcs, tant pour la sécurité des usagers que pour les recettes communales, et de les inviter à se conformer aux dispositions réglementaires pour éviter de subir les rigueurs de la loi. Après cette information, ce sera tolérance zéro pour les chargements hors-parc à Sèmè-Kraké. De la même manière, les occupations anarchiques des espaces publics seront réprimées par la police en collaboration avec les autorités politico-administratives.
A la frontière Sèmè-Kraké, les autorités soutiennent que la sensibilisation et surtout l’écoute seront privilégiées et les récidivistes subiront la rigueur des textes en vigueur dans la République.
Jules Yaovi Maoussi
(Br Ouémé-Plateau)


















