La Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) a célébré, mardi 16 juin 2026 à Cotonou, la Journée internationale des Cellules de renseignement financier (Crf). Placée sous le thème « Les renseignements financiers au service de l’intégrité et de la protection de l’économie nationale », cette rencontre a réuni les acteurs du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme autour des enjeux liés à la préservation de l’intégrité du système financier béninois et à la préparation de l’évaluation mutuelle prévue en 2028.
À l’instar de plus de 170 pays membres du Groupe Egmont, le Bénin a marqué la Journée internationale des Cellules de renseignement financier. L’initiative vise à mettre en lumière le rôle des CRF dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive, tout en renforçant leur visibilité institutionnelle. Dans son mot de bienvenue, le président de la Centif Bénin, Abdou Rafiou Bello, a rappelé que les cellules de renseignement financier sont des institutions essentielles mais souvent méconnues du grand public. Selon lui, leur existence répond à une exigence des normes internationales, notamment la recommandation 29 du Groupe d’action financière (Gafi), qui impose à chaque pays de disposer d’un centre autonome chargé de la collecte, de l’analyse et de la diffusion des informations financières suspectes. « Le renseignement financier est au service de l’intégrité et de la protection de l’économie nationale », a-t-il souligné, estimant que le thème retenu cette année traduit l’engagement du Bénin à poursuivre ses efforts pour renforcer la gouvernance et préserver son économie contre les menaces de la criminalité financière. Le président de la Centif a également salué les autorités béninoises pour leur soutien constant au dispositif national de lutte contre le blanchiment des capitaux. Il a notamment évoqué les moyens mis à la disposition de l’institution ces dernières années ainsi que les efforts engagés pour améliorer ses capacités opérationnelles.
L’échéance de 2028 au centre des préoccupations
L’un des principaux sujets abordés au cours de cette journée concerne l’évaluation mutuelle du dispositif béninois de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, prévue en 2028 sous l’égide du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba). Pour Abdou Rafiou Bello, cet exercice constitue un rendez-vous stratégique qui permettra de mesurer l’efficacité des réformes entreprises par le gouvernement et l’ensemble des acteurs concernés. Il a insisté sur le fait qu’une évaluation favorable renforcera la crédibilité du pays auprès de la communauté financière internationale. « Lorsqu’un pays ne démontre pas sa capacité à prévenir efficacement le blanchiment de capitaux, il s’expose à des risques de réputation susceptibles d’affecter ses relations avec les institutions financières internationales », a-t-il averti.
Même son de cloche du côté du directeur de cabinet du ministre de l’Économie et des Finances, chargé de la Coopération, Alastaire Alinsato. Procédant à l’ouverture officielle des travaux, il a souligné que les conclusions de l’évaluation mutuelle de 2028 auront des répercussions directes sur la notation souveraine du Bénin, son attractivité pour les investisseurs étrangers ainsi que la qualité des relations entretenues par les institutions financières nationales avec leurs partenaires internationaux.
Le renseignement financier comme outil de développement
Dans son allocution, le représentant du ministre a rappelé que la criminalité financière constitue aujourd’hui une menace majeure pour les économies modernes. Selon lui, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ne se limitent pas à des infractions pénales ; ils fragilisent la confiance dans les institutions, perturbent les marchés et compromettent les efforts de développement économique et social. Face à ces défis, le renseignement financier apparaît comme un outil stratégique permettant de détecter les flux suspects, d’identifier les circuits de dissimulation des fonds illicites, de soutenir les enquêtes judiciaires et de contribuer à la confiscation des avoirs criminels. Il a par ailleurs mis en avant les réformes engagées par le Bénin ces dernières années pour renforcer la gouvernance publique, améliorer la transparence économique et consolider le dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux. Des avancées qui, selon lui, ont permis d’améliorer progressivement l’alignement du pays sur les standards internationaux.
Trouver l’équilibre entre inclusion financière et conformité
Les échanges ont également porté sur la question de l’inclusion financière. Le président de la Centif a reconnu que certaines exigences liées à la lutte contre le blanchiment de capitaux peuvent parfois être perçues comme des obstacles à l’accès aux services financiers, notamment pour les populations les plus vulnérables. Il a ainsi plaidé pour une approche équilibrée permettant de concilier les impératifs de conformité avec les objectifs d’inclusion financière. L’enjeu, a-t-il expliqué, est d’éviter que des mesures de contrôle excessivement rigides ne freinent l’accès des populations aux services financiers formels.
L..A
















