Les centrales syndicales béninoises, le Réseau national des travailleuses et travailleurs domestiques (Rnttd) et l’Organisation internationale du travail (Oit) ont officiellement lancé, le mardi 30 juin 2026 à la Bourse du travail à Cotonou, la campagne nationale « Travailleur domestique, un travailleur comme un autre ».
Cette initiative vise à sortir de la précarité et de l’invisibilité plus de 117 000 employés de maison recensés dans le pays, en exigeant l’application du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig), l’accès à la protection sociale et la ratification de la Convention n°189 de l’Oit. L’urgence des réformes s’appuie sur des données alarmantes. Au Bénin, 98,4 % de ces professionnels évoluent dans l’informalité totale, privés de couverture maladie, de déclaration à la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) et de congés. Face à ce constat, le ton de la mobilisation est à l’offensive juridique et syndicale pour faire respecter un cadre légal trop souvent ignoré dans la sphère privée. « Être déclaré(e), c’est être protégé(e) », a martelé Gérard Fagnibo, représentant de la présidente du Rnttd. Évoquant le quotidien difficile de ces travailleurs, majoritairement des femmes, il a fermement dénoncé les rémunérations dérisoires, qui stagnent parfois autour de 15 000 francs Cfa alors que le plancher légal national est fixé à 52 000 francs Cfa. Le représentant a balayé l’excuse paternaliste du secteur en rappelant que le travail domestique n’est pas un service rendu par affection, mais un emploi qui se rémunère conformément au Code du travail.
Cette campagne marque également une avancée stratégique majeure avec l’intégration massive de ces travailleurs au sein des grandes structures de défense des salariés. Le secrétaire général de l’Unstb, Kodjihounkan Appolinaire Affewe, s’exprimant au nom des confédérations syndicales unies, a lancé un appel direct à l’action collective. « Rejoindre un syndicat, c’est faire entendre ma voix », a-t-il déclaré, avant d’inviter solennellement le gouvernement et l’Assemblée nationale à engager le processus de ratification de la Convention n°189 de l’Oit, qui célèbre ses quinze (15) ans cette année.
L’Oit engagée pour l’atteinte des objectifs
Soutenant pleinement cette synergie par le biais de l’initiative Tradom, l’Oit réaffirme son engagement à accompagner les acteurs locaux dans ce changement culturel et législatif. Dolorès Gloria Amoussouga, porte-parole de l’institution internationale lors de cette conférence, a souligné la nécessité d’unir les forces pour transformer les politiques publiques. « Le changement viendra de la mobilisation collective », a-t-elle soutenu, rappelant que l’objectif ultime reste de garantir une justice sociale durable où chaque employé de maison bénéficie enfin des mêmes droits fondamentaux que tout autre travailleur.
Karol Sékou (Coll)



















