Cotonou accueille, du 30 juin au 2 juillet 2026, la 19ème réunion de l’Initiative Afrique consacrée à la transparence fiscale et à l’échange de renseignements. Réunissant les administrations fiscales de 39 pays africains, le Forum mondial de l’Ocde et plusieurs partenaires internationaux, cette rencontre met en lumière les progrès du continent dans la mobilisation des ressources domestiques tout en appelant à intensifier la coopération face aux flux financiers illicites.
Face aux pertes colossales engendrées chaque année par les flux financiers illicites, les administrations fiscales africaines entendent renforcer leur coopération afin de mieux mobiliser les ressources nécessaires au développement. C’est le message central porté lors de l’ouverture de la 19ème réunion de l’Initiative Afrique, organisée à Cotonou par la Direction générale des impôts du Bénin en partenariat avec le Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales. Pour le Directeur général des Impôts du Bénin, Erick Maxime M. Akakpo-Djihountry, la lutte contre la fraude fiscale ne peut plus être menée de manière isolée. « Selon plusieurs rapports économiques, l’Afrique perd chaque année des dizaines de milliards de dollars dans les flux illicites. Ce ne sont pas seulement des chiffres. Ce sont des écoles qui ne sont pas construites, des infrastructures qui ne voient pas le jour, des hôpitaux privés d’équipements et de médicaments », a-t-il déclaré, estimant que « la transparence fiscale et l’échange de renseignements constituent désormais les armes les plus redoutables » contre l’évasion fiscale. Même son de cloche du côté des partenaires internationaux. La directrice du Centre de politique et d’administration fiscales de l’Ocde, Manal Corwin, a salué les progrès accomplis grâce aux mécanismes internationaux d’échange d’informations. Selon elle, « les pays membres ont démontré leur engagement à mettre en œuvre les normes internationales sur l’échange d’informations », faisant de l’Initiative Afrique un véritable cadre de renforcement des capacités des administrations fiscales. Le président du Forum mondial, Gaël Perraud, a rappelé que « la transparence fiscale est devenue un outil concret au service de la mobilisation des ressources publiques, du renforcement des administrations fiscales et du financement du développement », soulignant que l’Initiative Afrique poursuit un double objectif : combattre les flux financiers illicites et améliorer durablement les recettes fiscales des États.
Des résultats encourageants, mais un potentiel encore à exploiter
Le lancement officiel du rapport « Transparence fiscale en Afrique 2026 : Rapport de progrès de l’Initiative Afrique », élaboré par le Forum mondial et le Forum sur l’administration fiscale africaine (Ataf), a constitué l’un des temps forts de cette première journée. Le document révèle qu’en 2025, les pays africains ont identifié 417 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires grâce à l’échange de renseignements, portant à 4,6 milliards d’euros les recettes additionnelles mobilisées depuis 2009. Plus de 3 500 accords d’échange d’informations sont désormais en vigueur sur le continent, tandis que 25 pays africains utilisent activement l’échange de renseignements sur demande. Huit États procèdent déjà à l’échange automatique d’informations financières, permettant aux administrations fiscales d’accéder à des données portant sur près de 3 millions de comptes financiers, représentant 259 milliards d’euros d’actifs détenus à l’étranger. Présentant les conclusions du rapport, la secrétaire exécutive de l’Ataf, Mary Baine, a souligné que les administrations fiscales africaines sont désormais devenues des acteurs majeurs de la coopération fiscale internationale. Toutefois, elle a insisté sur la nécessité de transformer ces informations en résultats concrets. « Il ne s’agit pas seulement d’augmenter le nombre de demandes d’informations, mais de transformer ces données en audits plus efficaces, capables d’améliorer le civisme fiscal et l’équité de nos systèmes fiscaux », a-t-elle affirmé. Pour sa part, Maria José Garde, cheffe du Secrétariat du Forum mondial, a rappelé que, depuis une décennie, l’Initiative Afrique est « à l’avant-garde de l’utilisation de la transparence fiscale et de l’échange d’informations pour lutter contre l’évasion fiscale et les flux financiers illicites ». Les travaux de Cotonou devront ainsi permettre d’identifier les nouveaux leviers pour accélérer la mobilisation des ressources nationales, renforcer les administrations fiscales africaines et soutenir le financement durable du développement du continent.
Gabin Goubiyi

















