Placée sous le thème « Leadership féminin et cohésion régionale », l’antenne départementale de l’Inf du Zou a marqué la Journée internationale de la femme africaine 2026 par une célébration différée, mettant en lumière le rôle central des femmes artisanes dans le développement local et la lutte contre les violences basées sur le genre.
La salle de conférence de la préfecture d’Abomey a abrité la célébration différée de la Journée internationale de la femme africaine (Jifa) 2026, organisée par l’antenne départementale de l’Inf du Zou. Placée sous le thème « Leadership féminin et cohésion régionale », cette rencontre a rassemblé autorités administratives, élus communaux, responsables institutionnels, artisans et apprentis autour d’une cause commune : valoriser le leadership des femmes artisanes et renforcer leur résilience face aux violences basées sur le genre (Vbg). Dans son allocution, la cheffe antenne départementale de l’Inf, Mariette Gnacadja, a rappelé que l’artisanat constitue un pilier majeur d’auto-emploi pour des millions de femmes africaines. Pourtant, malgré leur savoir-faire et leur contribution économique, les artisanes restent souvent confinées à l’espace informel, exposées à la précarité et aux violences économiques et sociales. La célébration a donc été l’occasion de lancer une vaste campagne de sensibilisation sous le thème « Leadership de la femme artisane, un levier de développement et de résilience aux Vbg ». L’objectif est d’outiller les participantes en compétences de gestion et de leadership, valoriser leur savoir-faire comme outil d’indépendance financière et créer un réseau d’entraide et d’alerte précoce contre les violences. Deux communications majeures ont rythmé la rencontre : la première, conduite par la Directrice départementale de la famille et des affaires sociales (Ddfas), Ariane Adojohoun, a porté sur l’affirmation du leadership féminin dans l’artisanat. La seconde, animée par l’Inf, a sensibilisé sur les différentes formes de Vbg dans les milieux familial et professionnel, tout en insistant sur la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Un réseau de sept membres a été mis en place pour accompagner les survivantes de Vbg dans le secteur artisanal. La présence des hommes, quant à elle, a été saluée comme un levier de synergie égalitaire et de masculinité positive.
L’artisanat féminin, moteur silencieux de l’économie
Dah Zèwanon Guézo, chef de la délégation départementale de la Chambre des métiers et de l’artisanat du Zou, a rendu hommage aux femmes artisanes : « Vous êtes les premières à créer de l’emploi, les premières à innover avec peu de moyens, les premières à faire rayonner le Made in Zou. » Il a rappelé que l’artisanat féminin n’est pas une activité de dépannage mais une véritable profession qui mérite respect, accompagnement et financement. Au nom des élus communaux du Zou, Lydie Hounzanmè a salué les artisanes comme « gardiennes de notre patrimoine et moteur silencieux de notre économie locale ». Elle a insisté sur l’importance du leadership féminin et de la lutte contre les violences basées sur le genre, invitant à transformer les échanges de cette journée en actions concrètes pour une société plus inclusive. Ariane Adjolohoun, Directrice départementale de la famille et des affaires sociales, a rappelé avec force les mots de Victor Hugo : « Celui qui travaille avec ses mains mais également avec son cœur est un artisan. » Elle a félicité les femmes artisanes pour leur rôle dans le développement et souligné qu’une femme qui maîtrise son métier tient entre ses mains bien plus qu’un savoir-faire. «Elle tient son indépendance », a-t-elle martelé. Cette journée est un rendez-vous historique, né de la vision des femmes africaines qui, dès les indépendances, ont compris que l’Afrique ne pouvait se construire sans leur pleine participation dira Julien Ouankpo, représentant le préfet. « Ces femmes, souvent absentes des livres d’histoire, mais présentes dans nos marchés, nos ateliers et nos villages, font avancer l’Afrique chaque jour », a-t-il souligné. Pour lui, L’artisanat féminin n’est pas une activité de dépannage, c’est une profession qui mérite respect, accompagnement et financement. Alors il a invité les élus, les patrons d’ateliers et les responsables présents à ériger des barrières contre les violences faites aux filles et aux femmes, et à lever celles qui freinent leur scolarisation, leur insertion professionnelle et leur entrepreneuriat. « Notre pays n’a pas seulement besoin de femmes qui rêvent, mais de femmes qui transforment leurs rêves en projets et leurs projets en solutions», a-t-il martelé. La Jifa 2026 dans le Zou s’est ainsi imposée comme une célébration porteuse d’espoir, plaçant les femmes artisanes au centre du développement communautaire et du combat pour l’égalité.
Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)

















