À Cotonou, une vingtaine d’acteurs communautaires et institutionnels ont pris part, mercredi 2 septembre 2026, à une formation consacrée à la prévention et à la prise en charge des situations d’overdose. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre les overdoses, observée chaque 31 août.
Organisée dans le cadre du projet régional de réduction des risques porté par Bornes, cette session vise à renforcer les capacités des personnes intervenant auprès des usagers de drogues. Elle entend notamment permettre aux participants de mieux identifier les signes d’une overdose et d’adopter les premiers gestes de secours avant l’intervention des services de santé.
Selon Désiré Davodoun, chargé du suivi-évaluation du projet Bornes, la formation constitue une étape importante dans la diffusion au Bénin et au Togo d’une expertise développée dans le cadre d’une expérience menée en Côte d’Ivoire. Elle cible notamment les responsables des sites de consommation, les personnes usagères de drogues, les acteurs du projet ainsi que certains acteurs institutionnels. « L’objectif, c’est de pouvoir reconnaître les signes d’une overdose et réagir promptement », explique-t-il. Les participants sont ainsi formés à l’identification des symptômes, aux premiers gestes à effectuer et au référencement des victimes vers les structures sanitaires. L’enjeu est également de faire des participants des relais auprès de leurs communautés. Les responsables des sites de consommation devront notamment partager les connaissances acquises avec leurs pairs. De leur côté, les équipes du projet comptent intégrer davantage la sensibilisation aux signes d’overdose dans leurs interventions dans les fumoirs et autres lieux de consommation.
Pour Razack Adébiaye, maître formateur en premiers secours à la Croix-Rouge béninoise, la priorité est de rompre avec l’attitude consistant à rester spectateur face à une urgence. La formation porte notamment sur l’évaluation de l’état d’une personne, la vérification de sa conscience et de sa respiration, ainsi que les gestes appropriés en attendant l’arrivée des secours. Lorsqu’une personne est inconsciente mais respire normalement, les participants apprennent notamment à la placer en position latérale de sécurité afin de maintenir ses voies respiratoires dégagées. En cas d’absence de respiration, ils sont initiés à la réanimation cardio-pulmonaire, notamment aux compressions thoraciques et aux insufflations. « Il ne faut pas juger ces personnes, mais agir pour sauver des vies », insiste Razack Adébiaye. Un message qui résume l’ambition de cette formation, renforcer la capacité d’intervention de proximité et contribuer à la réduction des risques liés à la consommation de substances psychoactives.

















