La phase opérationnelle de la libération de l’espace public dans la ville de Cotonou démarre ce lundi 21 septembre 2026. À cet effet, la municipalité a animé une conférence de presse le vendredi 18 septembre 2026, au cours de laquelle elle a présenté aux professionnels des médias, les fondements de cette initiative visant notamment les garages installés sur les emprises des voies publiques, les épaves et les véhicules abandonnés.
Selon la Première adjointe au maire, représentant le maire de Cotonou, Arlette Bello Saïzonou, cette opération démarre formellement le 21 septembre 2026 et s’inscrit dans la mise en œuvre du plan de développement de la ville à l’horizon 2033, baptisé « Changer d’échelle », qui vise à faire de Cotonou, une ville plus attractive et mieux gouvernée. « L’ambition de la municipalité est de faire de Cotonou une ville où l’espace public est effectivement public. Changer d’échelle pour Cotonou, ce n’est pas simplement faire davantage de projets, c’est surtout changer notre manière de regarder et de gérer notre ville. Une ville qui se transforme certes par ses grands projets et ses infrastructures, mais elle se transforme également lorsqu’elle retrouve ses fonctions essentielles. Des rues accessibles, des trottoirs praticables, des espaces publics ordonnés, des voies de circulation sécurisées et des lieux où chacun peut se déplacer dans de très bonnes conditions », a déclaré Arlette Saïzonou. Elle insiste sur la nécessité de réparer la ville afin qu’elle retrouve ses marques. « Lorsqu’une rue devient un lieu de stockage d’épaves, lorsqu’un véhicule abandonné occupe durablement une partie de la chaussée, lorsqu’un garage s’installe dans une assise destinée à la circulation, ce n’est pas seulement un problème ou une question d’occupation physique de l’espace, c’est la fonctionnalité même de la ville qui est altérée », a-t-elle martelé, tout en indiquant que la libération des rues permettra de rendre à la mobilité l’espace dont elle a besoin.
Les personnes concernées par l’opération
L’opération démarre par les garagistes. Suivront ensuite les exploitants des domaines publics et les constructeurs sans permis d’autorisation, a indiqué le Chef service technique (Cst) de la mairie de Cotonou, Urbain Kpatchia. Selon lui, cette décision n’a pas été prise dans la précipitation. À travers un communiqué datant du 13 avril 2026, l’édile de Cotonou, Luc Gnacadja, avait invité les propriétaires des véhicules abandonnés et les garagistes occupant les espaces publics à quitter volontairement les occupations concernées. Ensuite, un délai de 90 jours a été donné aux concernés pour se conformer. À en croire le Cst, la répression devrait commencer depuis le 13 septembre 2026.
Une opération de réorganisation de l’espace public et non d’exclusion sociale
Les autorités de la ville de Cotonou ont tenu à rassurer les acteurs économiques, notamment ceux évoluant dans l’informel. Elles affirment reconnaître l’importance de leurs activités dans l’économie locale et soulignent que l’opération ne vise pas à les bannir. « Il faut distinguer clairement une mesure de remise en ordre de l’espace public d’une opération d’exclusion sociale », a précisé Urbain Kpatchia. A l’en croire, l’objectif est de permettre aux activités économiques de s’exercer dans un cadre formel, compatible avec les exigences de sécurité, de mobilité et de protection du domaine public. Enfin, il a réitéré l’engagement de la municipalité à accompagner les acteurs concernés dans le processus de mise en conformité.
Abdourhamane Touré


















