Le dossier des 39 agents ayant perdu leur qualité d’agents permanents au Parlement, au regard des conditions prévues par l’article 28 du statut du personnel parlementaire, pourrait constituer la goutte d’eau qui fera déborder le vase les années à venir au sein des proches et sympathisants de Joseph Djogbénou.
En signant, le 3 septembre 2026, la décision annulant les actes des reversés dans la fonction publique parlementaire, au regard notamment des conditions fixées par l’article 28 du statut du personnel parlementaire, Joseph Djogbénou a fait le choix de l’application stricte des textes. Un choix qui peut être défendu au nom du principe de bonne gouvernance, ou de la règle comme boussole, mais qui n’est pas sans susciter des frustrations chez ceux qui auraient souhaité un traitement plus favorable pour leurs proches. C’est là que se situe tout le paradoxe. En voulant faire prévaloir la règle, le président de l’Assemblée nationale pourrait faire des mécontents dans son propre environnement politique. Parmi eux, des responsables et sympathisants de l’Union progressiste le Renouveau. Ces derniers pourraient considérer que leurs protégés n’ont pas bénéficié des égards auxquels ils s’attendaient. Or, les frustrations politiques ont parfois une longue mémoire. Si Joseph Djogbénou devait, à l’avenir, nourrir des ambitions Présidentielles, notamment à l’horizon 2033, ce dossier pourrait alors être relu sous un autre prisme. Ceux qui se sentent aujourd’hui lésés pourraient se rebeller contre lui pour éteindre ses ambitions. Car une chose est certaine, la politique ne se résume pas aux textes, elle se nourrit aussi de fidélité, de solidarité et de ressentiments. Et lorsqu’une décision touche des intérêts individuels ou ceux de proches, de responsables influents, ses effets peuvent dépasser largement le cadre administratif dans lequel elle a été prise. Joseph Djogbénou s’est ainsi retrouvé face à un dilemme. Celui de préserver la cohérence et l’autorité des règles, au risque de froisser certains soutiens. Son choix renforce l’image d’un responsable attaché aux textes. La loi relative à la trêve politique durant le septennat réduit, en ce moment, les possibilités de confrontation politique immédiate. Mais elle ne saurait effacer les rapports de force ni empêcher l’expression de certains sentiments lorsque le contexte politique ou d’autres ambitions politiques s’afficheraient. Le dossier des 39 agents pourrait donc n’être qu’une bombe à retardement. Le président Djogbénou pourrait découvrir, le moment venu, que la rigueur d’aujourd’hui peut avoir une facture politique demain. Wait and see.
Odi I. Aïtchédji


















