Récemment transférée à Dikefalos Geriou en première division chypriote, la volleyeuse franco-béninoise Schérine Dahoué ouvre un nouveau chapitre dans sa carrière. Ceci, après un passage réussi en Espagne, marqué par un titre en Copa Princesa et une accession à la Superliga 1 avec le Cv Cuesta Piedra Santa Cruz de Tenerife. Dans un entretien exclusif accordé à notre rédaction, la joueuse formée au fil de ses expériences en France et aux États-Unis livre son analyse sur sa progression, son adaptation aux exigences internationales et son ambition de contribuer au rayonnement du volley-ball béninois.
Le Matinal : Félicitations pour cette signature. Vous rejoignez Dikefalos Geriou en première division chypriote. Qu’est-ce qui a motivé ce choix de carrière et comment se passent vos premiers pas dans votre nouvel environnement ?
Schérine Dahoué : Après avoir passé 2 ans en Espagne rempli de très bons résultats sportifs, j’avais envie de changement. J’ai eu l’opportunité de rejoindre une équipe à Chypre et cela m’a bien intéressé; d’autant plus que je n’avais jamais visité cette île. Le début de la pré saison se passe très bien, nous avons l’occasion de jouer plusieurs matchs amicaux afin de commencer à prendre nos repaires et bien se préparer pour le début de la saison.
Quels sont les objectifs collectifs fixés par le club pour cette saison, et quel rôle le staff technique attend-il de vous sur le terrain ?
Les objectifs, c’est d’abord de faire partie des équipes qui disputent les play-off. Ensuite, mon rôle cette année, est de jouer en tant que pointu; ce qui est nouveau pour moi car les 6 dernières années j’étais Ar (réceptionneuse attaquante). Ce sera déjà une nouvelle aventure de plus pour moi dans ma carrière. Cela va sûrement m’aider à mieux grandir en terme d’expérience.
Vous sortez d’une saison remarquable avec le Cv Cuesta Piedra Santa Cruz de Tenerife marquée notamment par ce sacre en Copa Princesa. Que retenez-vous de cette expérience en Espagne sur le plan humain ?
La saison dernière à été très victorieuse pour nous, notamment avec la victoire de la Copa Princesa et l’ascension à la Superliga 1. Sur le plan humain cela nous a beaucoup rapproché car nous avons passé les trois quarts de notre temps ensemble; Ce qui montre la beauté du sport et les relations que celui-ci apporte.
Et sur le plan sportif ?
C’est une expérience hors norme et cela me touche particulièrement car il prouve que tout notre travail effectué tout au long de l’année a porté ses fruits. Je suis très reconnaissante d’avoir fait partie de l’effectif et très heureuse également de notre succès; sur un Cv c’est toujours bien d’avoir des saisons qui sont très victorieuses et tout le monde aime gagner donc on ne s’en plaint pas.
En quoi ce titre et votre passage dans le championnat espagnol vous ont-ils fait grandir en tant que joueuse professionnelle ?
Cela a confirmé mon amour pour ce sport et m’a fait beaucoup faire gagner en expérience. Maintenant je sais ce qu’il faut pour gagner et j’espère pouvoir transmettre cette expérience cette saison à mon équipe. Elle m’a aussi appris à gérer beaucoup mieux le stress dans les matchs très importants.
Après avoir joué en France, aux États-Unis, en Espagne et aujourd’hui à Chypre, vous accumulez une solide expérience internationale. Comment s’adapte-t-on aussi vite à des cultures de jeu et des championnats si différents ?
Étant déjà binationale, j’ai été baigné dans deux cultures depuis mon plus jeune âge. On peut donc dire que j’ai l’habitude de m’adapter facilement aux changements de cultures. J’ai également remarqué qu’ il y a de la diversité dans tous les endroits où j’ai eu l’occasion de jouer.
Qu’est-ce que vos passages respectifs aux États-Unis et en Europe vous ont apporté dans votre style de jeu et votre préparation mentale ?
Aux États-Unis par exemple, ils mettent énormément l’accent sur la préparation, la santé mentale et l’importance qu’elle a sur le jeu de chaque athlète. Donc, j’ai énormément appris à bien me préparer mentalement pour arriver à bien gérer les moments de stress ainsi que les matchs très importants comme des finales de coupe, championnat ou bien play-off.
Un œil sur le volley-ball béninois. Vous faites partie des figures majeures qui portent haut les couleurs du Bénin sur la scène internationale. Quel regard portez-vous sur l’évolution du volley-ball béninois aujourd’hui ?
Mon objectif est très clair : faire partie des personnes qui œuvrent à élever le sport béninois et notamment le volley à l’échelle mondiale. Je suis persuadée que nous avons beaucoup de talents au Bénin et c’est pour cela que je souhaite tout faire pour leur donner un maximum d’opportunités mais cela commence déjà par, être un exemple moi-même, afin d’être crédible au niveau des instances gouvernementales et des familles. Mon souhait est que le Bénin soit vu comme un des acteurs majeurs du sport africain au niveau international.
Quel message aimeriez-vous adresser aux jeunes filles et aux passionnés, au pays ?
Que si j’ai pu vivre toutes ses expériences et avoir autant d’opportunités aujourd’hui c’est grâce au sport, aux relations et à ma détermination. Je sais que le milieu du sport est un milieu très compliqué, mais beaucoup de choses sont possibles grâce au travail, la volonté et la détermination. Faites du sport et commencez dès le plus jeune âge.
Si vous deviez vous fixer un objectif personnel majeur pour cette nouvelle saison à Chypre, quel serait-il ?
Avant tout, prendre du plaisir, car c’est ma passion de jouer au volley-ball. Ensuite, sur le plan personnel, faire partie des meilleurs marqueurs de la ligue; et sur le plan collectif faire partie du final 4 lors des playoffs avec mon équipe.
Un mot pour conclure cet entretien
Faire du sport, surtout choisir un sport collectif, ça apporte énormément sur le plan personnel et relationnel.
Réalisation : Abdourhamane Touré




















