Le Comité national olympique et sportif béninois (Cnos Ben) a réuni, le samedi 3 octobre 2026 à Cotonou, les jeunes athlètes retenus pour les Jeux olympiques de la jeunesse (Joj), leurs parents et leurs entraîneurs. C’était autour d’un séminaire d’échanges et d’informations sur une participation éthique du Bénin à cette compétition internationale qui aura lieu du 31 octobre au 13 novembre 2026 à Dakar, au Sénégal.
La séance a insisté sur les enjeux fondamentaux de l’éthique, de la sauvegarde et de la lutte antidopage. Ouvrant les travaux, Julien Minanvoa, président du Cnos Ben, a retracé la grande fresque de l’olympisme, depuis ses fondements dans l’Antiquité grecque jusqu’à la vision moderne portée par Pierre de Coubertin, débouchant sur la création des Jeux olympiques de la jeunesse. Connecté en visioconférence depuis la Suisse, Evangelos Alexandrakis, représentant du Comité international olympique (Cio), a décortiqué les mécanismes de prévention des manipulations de compétitions. L’expert a pointé du doigt les risques liés aux paris sportifs, strictement interdits aux compétiteurs sous peine de lourdes sanctions disciplinaires. « Lorsqu’une personne les approche pour leur proposer de manipuler le résultat d’une compétition, de perdre volontairement ou de favoriser une victoire, les athlètes doivent immédiatement signaler les faits aux instances compétentes », a insisté l’intervenant, rappelant l’existence d’outils de surveillance appliqués pour Dakar 2026.
Safe Guarding et valeurs olympiques au cœur des travaux
Le volet relatif à la sauvegarde et à la protection des athlètes a été développé par Fernando Hessou, secrétaire général du Cnos Ben. Il a réaffirmé la tolérance zéro du Cio face au harcèlement psychologique, physique, sexuel et à la négligence, tout en exposant le fonctionnement de la Helpline confidentielle Mentally Fit. « Nous devons offrir aux jeunes sportifs un environnement sain, sécurisé et respectueux des valeurs olympiques », a souligné le secrétaire général à l’intention des encadreurs et des familles. Expert antidopage, Oreol Allognikou a conduit la session consacrée à la lutte contre le dopage. L’expert antidopage a rappelé l’obligation absolue de se soumettre aux contrôles, la vigilance nutritionnelle et médicamenteuse requise, ainsi que les lourdes suspensions infligées par le Code mondial antidopage en cas de violation des règles. Conscient des devoirs qui incombent aux encadreurs, Achille Aïhou a recadré la responsabilité pédagogique et morale des coachs dans la conduite quotidienne des jeunes sportifs, tant aux entraînements qu’en compétition.
Des acteurs engagés…
Pour l’encadrement technique, la préparation dépasse le simple cadre athlétique. « Désormais, mon rôle serait au-delà de l’entraîneur que je suis. Je vais jouer encore un rôle d’éducateur. Je vais, dès l’instant, avec les parents, suivre beaucoup de choses, surtout le côté sanitaire, ses compléments alimentaires », affirme Owaince Goudjo, entraîneur de l’escrimeuse Fassassi Faridath Olahitan. Du côté du tennis de table, la rigueur reste de mise dans le suivi de la jeune pépite de 12 ans, Adbouraman Ganiou. « C’est de privilégier nos joueurs et de bien les coacher, de les moraliser, surtout par rapport à la corruption… C’est à nous de les orienter », précise Geoffroy Prudence Badokonon, entraîneur national. L’implication des familles constitue également un pilier majeur de cette démarche institutionnelle. Wilfried Agbodjogbé, géniteur de la nageuse Étoile Vignon Agbodjogbé, se félicite de cette synergie : « Je pense que ça renforce beaucoup plus, ça sécurise plus les enfants, ça donne beaucoup plus la cohésion… Et l’enfant se sent plus en sécurité ». Il met en avant des valeurs cardinales à transmettre par la pratique : « La sincérité, la solidarité, l’amitié, le fair-play ».
Des athlètes conscients des enjeux
La parole a également été donnée aux véritables acteurs de cette aventure olympique. À 15 ans, Adbouraman Ganiou (Tennis de Table) mesure la portée de son engagement : « Je considère cette sélection comme une responsabilité… L’intégrité dans le sport est très importante. Il faut toujours être honnête, respecter son adversaire, respecter les règles et surtout rester fair-play ». Un état d’esprit partagé par l’escrimeuse Fassassi Faridath Olahitan (16 ans) : « Lorsqu’on est victime d’une manipulation ou d’une situation contraire à l’intégrité sportive, il faut d’abord refuser et ensuite signaler ». Pour Nelcy Houefa Kélia Noudofinin (16 ans, Wushu), la formation a apporté des repères essentiels : « Lors d’un contrôle antidopage, l’athlète ne doit pas être stressé, il doit suivre les consignes et les recommandations données par le personnel ». Aussi, la nageuse Mahugnigan Salomé Tévoèdjrè (16 ans) résume l’ambition collective : « L’intégrité dans le sport, c’est respecter les règles, respecter ses adversaires et rester honnête dans tout ce que l’on fait ». Présentés officiellement par Gloria Koussihouede, les sept athlètes qualifiés pour représenter le Bénin à Dakar 2026 et leurs parents ont scellé cette journée par la signature symbolique des engagements individuels et de la Charte de l’entourage et des familles, formalisant un pacte d’excellence et d’exemplarité sous le drapeau béninois.
Karol B. Sékou (Coll)




















