Dans le cadre de la deuxième édition du « Pac Media Connect », organisé par le Port autonome de Cotonou (Pac) les 1er et 02 octobre 2026 à Cotonou, Kevin Potier, Directeur commercial et du marketing du Pac a présenté une communication sur les ‘’ performances commerciales et opérationnelles du Pac en 2025’’. Il a indiqué que le Pac a élargi ses transits vers le Burkina Faso, le Nigéria et le Tchad, avec un trafic passé de 9,6 à 14,7 millions de tonnes entre 2024 et 2025.
En raison de la brouille diplomatique entre Bénin et le Niger qui perturbe les flux commerciaux, le trafic transit du Port autonome de Cotonou s’est recomposé, porté entre autres par l’intensification des flux vers les autres pays de la sous-région. Selon les explications de Kevin Potier, depuis 2025, beaucoup de marchandises ont transité du Pac vers le Burkina-Faso. Il a précisé que près de 1 million de tonnes de marchandises, constituées en grande partie d’hydrocarbures, ont ainsi transité par la plateforme béninoise vers le pays des hommes intègres. « L’année dernière, 39,2 % du trafic était en transit, dont 16 % à destination du Burkina Faso », a déclaré le Directeur commercial et du marketing du Pac. Dans cette nouvelle dynamique du Pac, le Nigeria devenu le deuxième marché desservi par Cotonou. La congestion de plusieurs ports nigérians, combinée à la proximité du Bénin, favorise le passage de marchandises par la plateforme béninoise. Outre ces pays, le Tchad intéresse également le Pac. D’après le directeur commercial et du marketing du Pac, Cotonou dessert déjà ce marché, encore sur des volumes faibles, et entend se positionner davantage comme porte d’entrée pour les marchandises destinées au Tchad. Selon l’agence Ecofin, N’Djamena a multiplié depuis plusieurs années les démarches auprès des ports des pays côtiers afin de diversifier ses voies d’approvisionnement, alors que des contraintes persistent sur le corridor la reliant à Douala au Cameroun. En juillet 2025, une délégation du Conseil des chargeurs du Tchad avait notamment effectué une visite de travail au Port autonome de Cotonou. Malgré le changement des relations avec Niamey, le Niger reste toujours présent dans les échanges liés au Pac. A entendre Kevin Potier, la nature des flux s’est inversée entre les deux pays. Le Niger utilise désormais la plateforme de Sèmè-Podji, située à une vingtaine de kilomètres de Cotonou, pour exporter ses hydrocarbures. Près de 4,3 millions de tonnes y ont été traitées en 2025, principalement en provenance du Niger.
Les activités du Pac en progression
Depuis quelques années, les activités du Port autonome de Cotonou connaissent une nette progression. Après avoir reculé à 9,6 millions de tonnes en 2024, selon la direction du port, le trafic global est remonté à 14,7 millions de tonnes en 2025, dont 9 millions de tonnes à l’importation et 5,7 millions à l’exportation. Le trafic conteneurisé a, pour sa part, dépassé les 500 000 Evp. Au premier semestre 2026, les marchandises manutentionnées sur la plateforme portuaire ont représenté 7,7 millions de tonnes. Les volumes à l’exportation ont atteint 2,87 millions de tonnes, contre 2,16 millions l’an dernier. Par ailleurs, la direction générale du Pac indique que le trafic cumulé sur les 8 premiers mois de l’année a déjà franchi le niveau des 10 millions de tonnes. Les investissements de modernisation du port de Cotonou engagé depuis 2021 porte sur 12 projets avec près de 500 milliards fCfa. Ces projets devraient permettre au Pac de renforcer ses capacités au cours des prochaines années. A terme, la plateforme portuaire vise un trafic de 25 millions de tonnes et plus de 1 million Evp. La compétitivité des corridors et les coûts logistiques seront déterminants pour maintenir ces nouveaux flux.
Patrice Zoundé (Coll)



















