Un juriste poursuivi pour apologie de crimes contre la sûreté de l’État a été condamné à cinq ans de prison ferme et à une amende de 10 millions de FCfa par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), le lundi 26 octobre 2026. Il lui était reproché d’avoir scandé des slogans hostiles au président Patrice Talon lors des événements du 7 décembre 2025.
La chambre correctionnelle de la Criet a condamné, le lundi 26 octobre 2026, un juriste poursuivi pour apologie de crimes contre la sûreté de l’État à cinq ans d’emprisonnement ferme et à une amende de 10 millions de FCfa. L’information a été rapportée par Libre Express. L’affaire remonte aux événements du dimanche 7 décembre 2025, marqués par une tentative de coup d’État déjouée au Bénin. Selon les faits reprochés au prévenu, celui-ci aurait pris part à un rassemblement au cours duquel des slogans hostiles au président Patrice Talon avaient été scandés. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux le montraient notamment en train de crier : « À bas Talon ! ». Présenté devant la juridiction spéciale le lundi 23 mars 2026, le mis en cause s’était présenté comme un juriste et ancien responsable estudiantin. À la barre, il avait contesté les accusations portées contre lui. Pour expliquer sa présence dans une rue de Cotonou le jour des événements, il avait déclaré avoir voulu s’informer après avoir vu les militaires putschistes à la télévision. Il affirmait être tombé sur une foule rassemblée face à des militaires et s’y être arrêté par curiosité. Cependant, les éléments consignés dans son procès-verbal contredisaient cette version, selon les informations évoquées à l’audience. D’après la lecture du document, le prévenu se serait mêlé à la foule et aurait participé aux mouvements en scandant plusieurs slogans hostiles au régime en place. Les juges avaient également évoqué des messages reçus de proches après la diffusion des vidéos sur les réseaux sociaux. L’un d’eux lui avait notamment demandé : « Qu’est-ce que tu cherches dans cette affaire ? ». Son frère l’avait, pour sa part, mis en garde en ces termes : « Olivier, si on te prend, personne ne viendra à ton secours. »
Le ministère public s’oppose à la remise en liberté provisoire
Lors de l’audience du 23 mars 2026, l’avocate de la défense avait demandé sa remise en liberté provisoire. Pour soutenir sa demande, elle avait notamment invoqué la situation familiale de son client, père d’un enfant en bas âge, ainsi que les garanties de représentation qu’il présentait. Le ministère public s’était opposé à cette requête, estimant que les garanties présentées n’étaient pas suffisantes pour assurer la suite de la procédure. Après plusieurs renvois, la juridiction spéciale a finalement rendu son verdict le lundi 26 octobre 2026. Le juriste a été reconnu coupable des faits d’apologie de crimes contre la sûreté de l’État et condamné à cinq ans de prison ferme, assortis d’une amende de 10 millions de FCfa.




















