Alors que le Bénin reste exposé aux inondations, à l’érosion côtière et à d’autres risques naturels et anthropiques, l’Agence béninoise de protection civile (Abpc) entend renforcer les dispositifs de prévention et d’intervention. Invité de l’émission « Le Décodeur » sur Océan Fm, ce dimanche 8 novembre 2026, Rabiou Assouma, chef du département des risques et catastrophes de l’Abpc, a fait le point sur les actions menées et les chiffres enregistrés ces dernières années.
Pour l’invité de la 88.6 Fm, chaque année, les fortes pluies et les débordements des cours d’eau exposent plusieurs localités béninoises aux inondations. À ces risques, s’ajoutent notamment l’élévation du niveau de la mer, les vents violents et, dans certaines zones, les conséquences de la crise sécuritaire qui entraînent des déplacements de populations. Selon Rabiou Assouma, le Bénin est confronté à des risques « aussi bien naturels qu’anthropiques ». L’Abpc distingue notamment deux grandes catégories d’inondations : les inondations pluviales, provoquées par de fortes précipitations, et les inondations fluviales, liées au débordement des fleuves. L’évolution des statistiques communiquées par l’Abpc témoigne, selon son responsable, des efforts réalisés en matière de prévention et de préparation. En 2024, près de 400 000 personnes sinistrées auraient été enregistrées, contre environ 280 000 en 2025. La tendance est également à la baisse concernant les personnes déplacées. Elles étaient environ 30 189 en 2024, contre 10 109 en 2025. S’agissant des infrastructures sociocommunautaires touchées, l’Abpc fait état d’environ 182 infrastructures en 2024, contre 177 en 2025. « Si nous prenons l’édition de 2026 qu’on est en train de finir, vous aurez remarqué qu’en début juin, fin mai, on a enregistré des fortes pluviométries qui ont occasionné beaucoup d’inondations dans la sous-région, pas forcément au Bénin. Mais quant à notre niveau de préparation, contrairement à certains pays de la sous-région, on a vu les dégâts, le Bénin n’a pas enregistré beaucoup de cas comme dans ces pays à cause de notre niveau de préparation », a-t-il fait observer. Pour Rabiou Assouma, ces chiffres traduisent les efforts déployés par l’État à travers l’Agence béninoise de protection civile pour mieux préparer les communautés et renforcer les mécanismes locaux de gestion des catastrophes.
Transformer les informations météorologiques en actions concrètes
Face aux risques, l’Abpc veut désormais davantage miser sur la prévention. « Nous mettons beaucoup plus l’accent sur la prévention, la préparation », a expliqué Rabiou Assouma. A l’en croire, l’enjeu consiste notamment à transformer les prévisions météorologiques et hydrologiques en mesures concrètes sur le terrain. Il s’agit d’alerter les populations suffisamment tôt, de les sensibiliser sur les risques auxquels elles sont exposées, mais également de préparer les moyens d’intervention et de mobiliser les différents acteurs. L’Agence s’appuie ainsi sur les plateformes départementales, communales et locales de réduction des risques de catastrophe afin d’améliorer la préparation des communautés. Au cours de l’émission, Rabiou Assouma a également clarifié le rôle de l’Agence béninoise de protection civile, souvent confondue avec les sapeurs-pompiers. L’Abpc est issue de la fusion de l’ancienne Agence nationale de protection civile et de l’ancien Groupement national des sapeurs-pompiers. Cette réforme vise notamment à améliorer l’efficacité des interventions et à réduire les délais de prise en charge des personnes, des biens et de l’environnement face aux différents risques. Selon lui, l’Agence est actuellement représentée dans les 12 départements du Bénin et dispose d’une présence dans 28 communes sur les 77 que compte le pays. Un maillage que les responsables souhaitent progressivement renforcer. L’objectif affiché est de parvenir, à terme, à disposer d’au moins un centre communal de protection civile dans chaque commune, avec une extension du dispositif en fonction de la densité des populations et des besoins. Pour le chef du département des risques et catastrophes de l’Abpc, le défi reste donc important, mais la dynamique est engagée : « Il y a un grand fossé, mais nous y travaillons pour couvrir l’ensemble du territoire national ».


















