Les structures partenaires dans le cadre de la mise en œuvre du programme African Space art project (Asap) ayant permis à trois artistes africains de réaliser une œuvre d’art qui sera reproduite sur le cône supérieur d’un lanceur Ariane 5 étaient en conférence de presse le vendredi 30 septembre 2022. Cette rencontre avec les hommes des médias qui s’est tenue à la Galerie nationale, a permis de lever un coin de voile sur les tenants et les aboutissants de ce projet.
« Memory of today, memory of the future ». C’est le nom de l’œuvre collective réalisée par trois artistes contemporains africains dont Jean-David Nkot, Géraldine Tobé et Michel Ekèba dans le cadre du programme African Space art project (Asap) lancé en 2018 par l’Organisation non gouvernementale française African artists for development en partenariat avec le ministère de la Culture, la Galerie nationale, Eumetsat et Arianespace. Selon Gervanne Leridon, cette initiative est née d’un constat selon lequel l’Afrique est le continent qui émet le moins de CO2 tout en étant celui qui souffre le plus du réchauffement climatique et des phénomènes météorologiques extrêmes. Dans le but d’alerter sur ce paradoxe qui impacte la vie des millions de populations sur le continent africain, les structures partenaires ont décidé qu’en décembre 2022, pour la première fois dans l’histoire africaine, spatiale et artistique, une œuvre d’art créée par des artistes sera positionnée sur la coiffe d’Ariane 5 pour le lancement du premier satellite d’observation météorologique de nouvelle génération. Il fournira des données météorologiques et climatiques avec une fréquence et en haute résolution pendant les vingt prochaines années dans le cadre de l’accord de coopération pour les fournitures de données météorologiques par les pays de l’Union européenne aux pays de l’Union africaine. Elles permettront de mieux suivre les évènements météorologiques et d’anticiper leurs conséquences. Cela, dans l’optique de lutter contre le réchauffement climatique et la pollution en Afrique. Dans son intervention, Gervanne Leridon a indiqué que l’œuvre commune de Jean-David Nkot, de Michel Ekèba et de Géraldine Tobé qui accompagnera le lancement de ce satellite de nouvelle génération sera le symbole de la puissance de la création contemporaine et de l’avenir du continent africain. « A travers cette œuvre artistique fondamentalement collective qui porte un message d’espoir et d’unité dans le but de sensibiliser les grandes nations sur les conséquences du réchauffement climatique, l’Afrique affirme un nouvel axe de développement qui repose sur l’Union de tous ses enfants », a-t-elle laissé entendre. A sa suite, Michel Ekèba a martelé que l’œuvre est un assemblage de collage, de peinture, de fumée et des images de la cartographie. « Elle présente une femme ménagère béninoise pour montrer notre engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique », a déclaré l’artiste de nationalité congolaise. Selon Claude Borna, conseiller aux arts du ministre Jean-Michel Abimbola, l’implication du Bénin traduit l’engagement du pays en matière de la promotion des œuvres artistiques africaines. Il faut noter qu’au départ, 51 artistes qui ont postulé au programme, mais trois ont été retenus pour la réalisation de l’œuvre qui a été dévoilée le samedi 1er octobre 2022 au siège de la Fondation Claudine Talon. Elle sera exposée au même lieu à compter du 03 octobre et durant deux semaines. Elle fera aussi le tour de certains pays dont le Maroc du 19 au 28 octobre 2022 puis la France.
Mohamed Amoussa (Coll)



















