Du 11 au 14 octobre 2022, le Centre de recherche agricole et des plantes pérennes (Crapp) a organisé un séminaire bilan des recherches sur le palmier à huile. C’est dans le cadre du centième anniversaire d’existence de la structure basée à Pobè dans le département du Plateau. L’actuel directeur général du Crapp, Hervé Aholoukpè, s’est prêté à nos différentes questions pour éclairer l’opinion publique sur l’importance de sa structure et les défis à relever pour améliorer leurs performances après cent ans de vie.
Le Matinal : Quels sont les avantages du séminaire bilan des recherches sur le palmier à huile ?
Hervé Aholoukpè : Je dois vous dire que c’est un séminaire sur le bilan des recherches sur le palmier à huile au Crapp, depuis que cette station a été créée. Qu’il vous souvienne qu’elle a été créée en 1922. C’était sous la colonie française. Elle a fait son petit bonhomme de chemin avec les différents changements au niveau structurel. C’est l’Irho, Institut de recherche sur les huiles oléagineuses qui a géré. Après, c’est la Station de recherche sur le palmier à huile (Srp) et le Crapp depuis 1966. De 1922 à 2022, vous comprenez avec moi que ça fait 100 ans de vie pour une institution de recherche. Cela doit être marqué. Et le gouvernement béninois nous a autorisé pour marquer ce temps d’activités de recherches. C’est la raison de l’organisation dudit séminaire bilan. Je pense que, c’est la plus belle manière pour nous de célébrer un anniversaire. Ce fut une occasion de se retrouver, de présenter les résultats des recherches et de réfléchir sur ce qui a marché, ce qui n’a pas marché et formuler des perspectives pour aller plus loin dorénavant.
Déjà le lundi 10 octobre 2022, il y a eu une ouverture officielle du séminaire par le directeur de cabinet du ministère de l’agriculture représentant le ministre. Après cette ouverture officielle, nous avons démarré un colloque scientifique le mardi 11 octobre 2022 et c’est au cours de ce colloque qu’on a présenté les résultats de recherches. D’abord ; il y a eu la présentation du point des activités de recherches avec les progrès obtenus depuis 1922 et par la suite en atelier par filière palmier et cocotiers. Les résultats de recherches obtenus récemment ont été présentés au niveau de chaque atelier. Je dois vous dire que c’étaient des moments très intéressants. Des moments où les échanges ont été fructueux à plus d’un titre et des recommandations ont été faites pour améliorer ce que nous sommes en train de faire au Crapp pour accompagner la filière du palmier à huile. Mais vous savez que le palmier à huile a une culture sœur. C’est le cocotier dont la station a été créée juste une vingtaine d’années après la station de Pobè. Et cette station de Sèmè-Podji qui s’occupe de la recherche sur le cocotier a été créée dans les années 1940. Donc à cette occasion du centenaire, nous avons parlé du palmier à huile et du Cocotier.
Que retenir de ce centenaire ?
Il y a eu des communications, mais aussi une foire d’exposition des recherches agricoles sur ces deux cultures. Donc, nous avions, en collaboration avec les Atda 6 et 7, exposé des produits agricoles à base de palmier à huile et de cocotiers. Ce sont des stands bien garnis, achalandés qui ont plu à nos visiteurs, à nos hôtes et c’était très intéressant dans une atmosphère très conviviale. Ces évènements ont connu la participation de nos partenaires au niveau national, mais aussi de nos partenaires à l’international. Vous savez, le Crapp a un rayonnement international au niveau de tout ce que nous faisons en termes d’amélioration génétique du matériel végétal. Donc, nous avons invité nos partenaires internationaux avec qui nous avons des partenariats techniques et scientifiques. Le Sirat était représenté. Il y a la Société d’investissement en agriculture tropicale (Siat) qui était représentée ; et leur filiale qui est basée au Nigéria, s’est fait également représenter. Au niveau national, on avait des institutions de système national de recherche agricole le Cnra, les universitaires étaient là, le Centre béninois pour la recherche scientifique et de l’innovation, (Cbrsi) et d’autres institutions du Crna. Aussi avons-nous invité toutes les directions départementales d’agriculture, de l’élevage et de la pêche de la zone de production de palmier à huile. Nous avons eu cet honneur d’avoir eu parmi nous les anciens directeurs du Crapp. Je profite de votre canal pour leur dire un grand merci et leur rendre un hommage mérité. Ils ont prouvé à travers ces manifestations leur amour pour cette station qu’ils ont eu à diriger. Ils étaient là et ont participé aux activités du début jusqu’à la fin. Ils ont échangé avec nous sur beaucoup d’aspects et c’était l’occasion pour nous d’apprendre encore davantage d’eux et prendre des conseils, des orientations pour améliorer ce qui se fait déjà. Donc, je voudrais leur dire un grand merci. Aussi, nous avons eu la présence parmi nous d’anciens directeurs de l’INrab qui ont effectué le déplacement. C’était vraiment à notre honneur et je voudrais remercier tout ce beau monde.
Quelles sont vos attentes au terme de ce séminaire-bilan ?
Au terme de cette semaine de travaux de réflexion, de communications et de projection d’idées pour le futur, je pense qu’on peut se dire qu’on est satisfait. On est satisfait des résultats. Ce que nous avons vu, nous devons nous en réjouir parce qu’on a eu le retour et ça s’est très bien passé, sans heurt, c’est important de le dire et il y a eu des recommandations, des travaux en atelier qui donnent déjà des défis à relever, des défis à court, moyen et long termes. Déjà, il faut qu’on poursuive l’amélioration de la qualité du matériel végétal, améliorer davantage les variétés et surtout promouvoir des variétés qui s’adaptent au concept actuel de changements climatiques. Nous devons nous arrimer sur ce contexte et produire des variétés tolérantes à la sécheresse. Nous allons y travailler et nous allons, dans le cadre de cette activité importante de recherche sur la tolérance en sécheresse, renforcer le partenariat dans la sous-région avec des institutions qui ont déjà des thématiques sur la sécheresse et renforcer donc le partenariat institutionnel dans la sous-région. Il y a aussi un aspect très important qui constitue un défi pour nous, mais c’est un début pour l’INrab ; c’est le renforcement des ressources humaines. D’abord, en effectif, parce qu’il n’y a plus du monde du tout à la recherche ; aussi bien au Crapp, mais partout à l’INrab. Voilà des points qui avaient été évoqués. Donc, il est attendu que l’INrab renforce l’effectif des ressources humaines, recruter des techniciens et des chercheurs au niveau des différentes disciplines de recherches. Il est attendu également après ce recrutement, de renforcer les capacités de ces techniciens pour qu’ils puissent vraiment relever ces défis qui nous attendent. Au-delà de la sphère sous régionale, il y a le partenariat à l’international qui sera renforcé aussi et je disais tout à l’heure que le Crapp va au-delà de l’Afrique. Nous sommes en Amérique Latine, nous sommes en Asie du sud-est et nous sommes dans d’autres pays du monde. Ce partenariat sera renforcé pour que à travers le Crapp, que ce soit le Bénin tout entier qui soit connu sous d’autres cieux.
Quel est votre mot de fin ?
Enfin, nous avons eu la participation très active des producteurs de palmier à huile, les pépiniéristes, les transformateurs. Ils ont aussi formulé des doléances que nous avons bien notées. Il s’agit de renforcer le partenariat avec ces acteurs locaux, renforcer le partenariat avec les pépiniéristes à travers ces technologies auxquelles ils doivent avoir accès très rapidement et sur d’autres aspects qu’ils ont souhaités. Je voudrais très sincèrement remercier le directeur général de l’INrab qui a été proactif et très rigoureux sur les différentes étapes de la préparation de ce séminaire-bilan, le personnel de l’INrab aussi au siège de la direction générale, c’est important, il y a beaucoup d’acteurs et mon cher personnel du Crapp pour ce comportement qui les a vraiment honorés. Franchement, je les ai vus derrière moi, c’est l’occasion de leur dire un grand merci, les délégués du personnel et les partenaires sociaux. Ils ont été réactifs. Ils ont encadré avec nous toute l’organisation, ils ont veillé avec nous à ce que tout se passe bien. Vous savez, aujourd’hui, nous sommes dans un contexte et ce sont des réformes au niveau de toutes les structures de l’Etat. Les réalisations qui se font au Crapp, ce n’est pas qu’on se lève et qu’on va à des entreprises pour réaliser tout ce que vous voyez. C’est toute une procédure au niveau de responsable des marchés publics. Ce séminaire bilan a baissé les rideaux aujourd’hui et ouvre les chemins de défis à relever. Je vous remercie.
Propos recueillis par Martial Agoli-Agbo
(Br Ouémé-Plateau)

















