Le président du parti Mouvement des élites engagées pour l’émancipation du Bénin (Moele-Bénin), Jacques Ayadji, est monté au créneau le lundi 24 octobre 2022 pour dénoncer certaines manœuvres de blocage dont seraient victimes des potentiels candidats de son parti dans la constitution de leurs dossiers de candidature. Cette énième alerte de cette formation politique qui se forge de plus en plus une posture de dénonciateur, fait dire à une frange de l’opinion que Jacques Ayadji et les siens sont dans la diversion.
A l’instar de certaines formations politiques, le parti Mouvement des élites engagées pour l’émancipation du Bénin (Moele-Bénin) ambitionne de figurer dans les starting-blocks des élections législatives du 8 janvier 2023. Et pour cette cause, le parti selon son président, met les bouchées doubles pour apprêter les dossiers de ses ambassadeurs. A en croire Jacques Ayadji, certaines autorités seraient en train de tout mettre en œuvre pour empêcher Moele-Bénin d’être au rendez-vous. A l’appui de son alerte lancée au cours d’une conférence de presse tenue lundi 24 octobre 2022, le parti évoque le cas de certains de ses membres qui se seraient vu refuser la délivrance de certificats de résidence, l’une des pièces requises au dossier de candidature. Selon les propos de Jacques Ayadji, des maires refuseraient de délivrer aux requérants, la fameuse pièce pour des motifs « infondés ». Jacques Ayadji s’est notamment fendu de l’exemple de la Commune de Savè où son partisan a pratiquement subi la croix et la bannière avant de se voir délivrer le fameux document. Ailleurs, a poursuivi le bouillant président de Moele-Bénin, c’est des « peaux de banane » qui sont malicieusement glissés dans les pièces délivrées aux militants du parti. Tout ceci a amené le président de Moele-Bénin à affirmer que certains ne veulent pas voir le parti aller aux élections et de conclure que « Les gens veulent gagner les élections sur tapis vert ». En passant les propos de Jacques Ayadji au scanner de l’analyse, on se rend compte que l’homme tente de présenter son parti comme une menace pour les autres formations politiques. Point n’est besoin d’être un génie pour se rendre à l’évidence que les récriminations de ce dernier visent principalement les deux grands blocs de la majorité présidentielle que sont l’Union progressiste Le renouveau et le Bloc républicain. Et c’est là que l’observateur averti pourrait se demander en quoi le parti Moele-Bénin qui, faut-il le rappeler, n’a jamais participé à une élection depuis sa création, constitue-t-il une menace pour les partis visés ? Dès lors, on pourrait s’interroger sur l’intérêt éventuel qu’auraient ces partis à empêcher Moele Bénin d’aller aux élections. Mieux, le fait que Moele-Bénin soit la seule formation à se plaindre des prétendus blocages parait suspect. Surtout dans un contexte où l’opposition, qui à priori constitue la vraie menace des deux grands partis de la mouvance, est annoncée dans la bataille.
Un parti aux abois
Depuis l’amorce du processus électoral, le parti Moele-Bénin s’est toujours illustré dans une manœuvre qui frise la diversion. On se rappelle du redondant discours de son président relativement aux pièces constitutives du dossier de candidatures. Une ligne de revendication que beaucoup ont trouvée peu pertinente. Opinion partagée par la Cour constitutionnelle qui, dans sa décision El 22-002 en date du 6 octobre 2022, a purement et simplement rejeté le recours de Moele-Bénin, indiquant qu’il n’y a violation ni du Code électoral ni de la Constitution, contrairement aux prétentions de Jacques Ayadji. Le parti a subi le même revers devant la Cour suprême qui l’a débouté de son recours en 2020, formulé contre le rejet de son dossier par la Commission électorale nationale autonome (Céna). Par ailleurs, Moele-Bénin est à tort ou à raison pointé du doigt pour avoir gâché la participation de l’ex-Parti du renouveau démocratique aux élections législatives de 2019. En son temps, le parti a rejeté en bloc, les mauvaises intentions qui lui sont prêtées. Autant de faits et de mésaventures qui rendent illisible la vraie mission du parti sur l’échiquier politique.
Une question de vie ou de mort pour le parti
Les Législatives qui s’annoncent constituent une question de vie ou de mort pour certains partis politiques au nombre desquels figure Moele-Bénin. Le parti y joue sa survie sur l’échiquier politique. En effet, Moele-Bénin n’a pas droit à l’erreur cette fois-ci après avoir raté le rendez-vous du 28 avril 2019. Aux termes des dispositions de l’article 27 alinéa 2 de la loi n°2018-31 du 17 septembre 2018 portant Charte des partis politiques en république du Bénin, « Tout parti politique perd son statut juridique s’il ne présente de candidats à deux (02) élections législatives consécutives ». Participer aux Législatives du 8 janvier prochain demeure une condition sine qua non pour le parti. Du coup, tous les moyens sont bons pour jouer aux victimes et perturber le jeu politique. Pour beaucoup d’observateurs, le parti de Jacques Ayadji tente d’attirer les attentions par une hyper-communication pour marquer sa présence. Vivement le 8 janvier 2023 pour voir de quoi chaque parti sera capable.
Abdourhamane Touré



















