Les législatives du 8 janvier 2023 au Bénin ont déjà dévoilé leurs challengers. Les différents organes impliqués dans l’organisation du scrutin mettent les bouchées doubles pour des élections parfaites. La grande inconnue de ce scrutin, outre les résultats, demeure le taux de participation.
6.600.572 électeurs sont attendus le 8 janvier prochain dans 17749 postes de votes logés dans 7986 centres de vote pour porter leur choix sur les différents partis en lice pour les élections législatives de 2023 au Bénin. Ce nombre d’inscrits dépasse largement les 4 992 399 électeurs enregistrés pour le compte du scrutin de 2019. Le scrutin du 28 avril 2019, 8ème scrutin législatif de l’ère du renouveau démocratique, avait enregistré 1 353 955 votants, ce qui équivaut à 27,12% de l’électorat selon les résultats de la Cour constitutionnelle. Un taux de participation jugé faible parce que bien loin des 65% enregistrés lors des Législatives de 2015. Pour beaucoup d’observateurs, ce taux de participation est dû au climat relativement délétère dans lequel s’est tenu le scrutin. La tension qui a prévalu avant les élections autour des lois électorales et qui a conduit à l’invalidation de certaines listes de candidatures explique en partie, le désintérêt des populations vis-à-vis de ces élections que d’aucuns ont par ailleurs jugé d’exclusives. A quelques encablures des prochaines élections législatives prévues pour se tenir le 8 janvier 2023, la question du taux de participation polarise les attentions. De 2019 à 2022, de l’eau a coulé sous les ponts et le contexte a quelque peu changé. Déjà, le nombre de partis annoncés dans cette bataille électorale augure de ce que les enjeux ne seront pas les mêmes et que le challenge s’annonce serré. Entre la détermination de l’opposition à rafler assez de sièges et à impulser une nouvelle donne au plan politique et la volonté des partis politiques de la mouvance de confirmer leur hégémonie, la bataille sera rude. Les statistiques qui sortiront de ce scrutin devront confirmer ou non si les militants de l’opposition qui ont coutume à clamer à hue et à dia que c’est leur exclusion qui explique le faible taux de participation aux élections sous le Nouveau départ, ont raison. Dans tous les cas, ils se retrouvent devant le fait accompli, eux qui affichent une certaine sérénité et se targuent d’une large avance sur les autres partis en termes d’adhésion populaire. Le taux de participation reste également un défi majeur que devront relever les deux grands partis de la mouvance présidentielle en l’occurrence l’Union progressiste Le renouveau (Up Le renouveau) et le Bloc républicain (Br). Ces deux partis politiques qui se partagent la majorité des élus sur l’étendue du territoire doivent démontrer que le faible taux de participation au scrutin de 2019 n’était qu’une parenthèse de l’histoire et qu’entre temps, ils ont réussi à convaincre les populations et à s’attirer leur sympathie. Enfin, le troisième niveau d’analyse qui montre tout l’intérêt que représente le taux de participation aux prochaines élections législatives, est qu’il permettra d’apprécier, au niveau national et surtout à l’échelle internationale si le Parlement qui sera installé a reçu une large adhésion populaire.
Gabin Goubiyi



















