La situation entre le Bénin et le Niger fait depuis quelques jours, le chou gras de l’actualité. L’interdiction des embarquements du pétrole nigérien sur la plateforme de Sèmè-Podji a donné de la matière à certains compatriotes qui, sans aucune analyse objective, s’en sont pris au chef de l’Etat Patrice Talon dont la décision est sous-tendue par le souci de faire respecter la souveraineté du Bénin. Dans le lot des réactions, celles de l’ancien président Nicéphore Soglo et du pseudo-panafricaniste Kèmi Séba méritent une attention particulière.
A quoi jouent certains compatriotes béninois? C’est la question qui mérite d’être posée au regard des analyses subjectives qu’ils font de la crise qui prévaut entre le Bénin et le Niger. Face à cette actualité qui a livré un nouvel épisode avec l’interdiction puis la levée des embarquements via les eaux béninoises des premiers barils de pétrole pour l’exportation, des citoyens visiblement mal inspirés, s’illustrent à travers des commentaires biaisés qui font douter même de leur sens de patriotisme et de nationalisme. S’il est vrai que les deux pays sont sensiblement éprouvés par cette crise qui perdure, il est tout de même curieux que des compatriotes béninois, plutôt que de travailler à trouver une issue à la situation, surfent sur cette actualité pour régler leurs comptes avec l’actuel président de la République. Sinon comment comprendre qu’on livre le président béninois à la vindicte populaire sans daigner déplorer le comportement des autorités nigériennes qui bafouent vertement l’autorité et la souveraineté du Bénin ? Dans le flot de réactions consécutives à cette décision, figure celle de Kèmi Séba qui s’en est longuement pris à Patrice Talon dans une déclaration, l’accusant d’être à l’origine de la crise et le condamnant pour ses affinités avec la France. Idem pour Nicéphore Soglo qui a profité d’un entretien sur Crystal news pour critiquer la décision de Patrice Talon et sa proximité avec la France. C’est à croire que le Bénin devrait prendre la France comme ennemi en raison de la rupture des liens avec ce pays par les autorités nigériennes. L’ancien chef d’Etat va jusqu’à inviter Patrice Talon à rompre toute relation avec la France. Une proposition totalement ridicule pour une personnalité du rang de l’ancien chef de l’Etat qui devrait travailler à prendre de la hauteur face à certains sujets d’actualité. En passant les réactions de ces personnalités au scanner de l’analyse, on se demande s’ils aiment réellement le Bénin. Même s’ils ont des problèmes personnels avec Patrice Talon, devraient-ils pour cette seule raison, refuser de voir les choses avec plus d’objectivité? Verser dans la manipulation et tenir des propos qui cachent à peine la haine qu’ils ont vis-à-vis de Talon, ne ferait qu’exacerber la crise et mettre en péril la recherche d’issue dans cette crise qui n’arrange aucun des deux pays.
Travailler à la recherche de solution
Face à la persistance de la crise, l’heure devrait être à la synergie des intelligences pour rechercher des issues de part et d’autre. De toute évidence, le Bénin a déjà administré à maintes reprises, la preuve de sa bonne foi et de sa volonté à normaliser les relations avec le voisin nigérien. Ces efforts du Bénin devraient être soutenus et accompagnés par ces personnalités dont l’implication pourrait faciliter la reprise de la coopération entre les deux pays. En sa qualité d’ancien président de la République tout comme Boni Yayi, Nicéphore Soglo pourrait transcender les divergences d’approches et les incompréhensions avec Patrice Talon pour travailler à sortir du bourbier. Il peut, comme il l’a suggéré dans l’entretien qu’il a accordé à Crystal news, investir sa casquette de vice-président du forum des anciens présidents pour faire bouger les lignes. Son honneur et sa respectabilité s’en trouveraient rehaussés. De même, l’activiste Kèmi Séba, qui se targue d’une certaine proximité avec les actuelles autorités du Niger pourrait, ès-qualités, débloquer la situation. Pour ce faire, il n’a pas besoin d’un mandat express des autorités béninoises comme il le chante à qui veut l’entendre. Cette prouesse ne ferait que crédibiliser son combat pour une Afrique unie.
A.T.


















