A l’issue de l’ouverture officielle de la session budgétaire par le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, des députés se sont prononcés sur le discours de la deuxième personnalité de l’Etat. Ci-dessous, les impressions de Cécile Ahoumènou, Eric Houndété, Sabi Karim Alassane et Malick Gomina.
Cécile Ahoumènou, députée Up le Renouveau: « Si vraiment, il y a la haine en nous, nous devons l’amoindrir»
« Après avoir écouté le président de l’Assemblée nationale, le premier élément que j’ai gardé, c’est en terme philosophique, je veux parler de la passion, le mot haine qu’il a utilisé. Nous, en tant députés, sommes interpellés. Si vraiment, il y a haine en nous, nous devons l’amoindrir, afin que l’amour puisse prendre l’envol pour que la mission que le peuple nous a confiée soit bien accomplie. Par rapport à la loi de finances 2025, je suis rassurée que les dispositions en terme de secteurs sociaux sont prises en compte et le pourcentage entrant dans ce compte rassure. En tant que députés, nous avons le droit d’amendements. Nous allons en faire usage…»
Eric Houndété, député parti Les démocrates: « Je suis déçu par le discours du président »
« Je suis déçu par le discours du président. Je pense qu’il nous aurait fait économie de temps. Il a consacré son essai philosophique sur la haine. Je suis même tenté de dire qu’il n’est pas propriétaire de ce message, soit on le lui a brandi, soit quelqu’un lui a fait copie-collé. En vérité, personne ne sait de quoi il parle, personne ne sait les éléments qui le motivent. Il parle d’une certaine haine, d’un certain amour. Ce n’est pas de l’Assemblée qu’il parle. Ce n’est pas à la tribune de l’Assemblée qu’il va faire de telles réflexions. Nous n’en n’avons pas besoin. Ce qu’il dit est contre la réalité au sein du Parlement. Si le président fait allusion aux critiques qui sont faites sur sa gestion de l’Assemblée nationale, il est passé à côté de la plaque. S’il parle encore des histoires entre le Président de la République et son ami, là encore, il est passé à côté de la plaque. Dans son essai philosophique, le président nous a embrouillés. C’est désolant. Ce qui préoccupe les Béninois aujourd’hui, ce n’est pas une haine, c’est comment ils mangent à leur faim, trouver des salles de classes aux enfants dans les écoles, les agents de santé pour les soigner. C’est le sens de notre présence ici au Parlement. Il faut créer les conditions pour que les Béninois vivent mieux, pour qu’il y ait la paix. Je suis dérangé par le discours du président…»
Sabi Karim Alassane, député parti Les démocrates: « C’est un discours religieux »
« Effectivement, nous avons assisté à l’ouverture de la session. Le président a insisté sur la haine et l’amour dans son discours. C’est un cours religieux, un discours biblique que j’ai suivi. Certainement, il fait référence à l’actualité nationale. Lui-même s’est demandé si c’est la haine qui anime le cœur des gens. Je ne sais pas à qui il s’adresse. Il y a la haine, la haine vient de la frustration. C’est ce que j’ai retenu…»
Malick Gomina, député du Bloc républicain: « Le président a appelé à la paix et à l’amour »
« Mes impressions sont celles de joie, parce que le président a appelé à la paix et à l’amour par rapport aux risques que vit le monde aujourd’hui. Notre pays appartient à un ensemble. Nous ne pouvons pas vivre en vase clos. Nous devons tenir compte de ce qui se passe ailleurs et souhaiter que chez nous, ça continue de s’améliorer. Donc, le discours du président est le bienvenu. Cultivons l’amour. Nos attentes, c’est voter les lois et le budget à bonne date et accomplir notre mission…».
Propos recueillis par Jules Yaovi Maoussi (Br Ouémé-Plateau)


















