Faisant suite à l’alerte donnée sur les réseaux sociaux il y a quelques mois sur la mise en circulation des fers hors-normes, le gouvernement à travers l’Agence nationale de normalisation, de métrologie et du contrôle qualité (Anm) a décidé de sonner le glas de la supercherie. Pour situer les responsabilités et veiller au respect de la législation en vigueur au Bénin, une séance de vérité a été organisée le lundi 28 octobre 2024, avec les acteurs, dans les locaux de l’Agence à Cotonou.
Trouver des solutions à la problématique de la présence de fer hors-normes au Bénin et analyser les stratégies à mettre en œuvre. C’est l’objectif poursuivi par le gouvernement à travers l’Agence nationale de normalisation et de contrôle de la qualité (Anm), structure sous-tutelle du ministère de l’Industrie et du commerce, en organisant une rencontre d’échange avec les acteurs de la commercialisation des fers à béton au Bénin. « La qualité du fer à béton est décriée sur les réseaux sociaux et au sein de la population. La rencontre de ce matin a pour objectif de rechercher les stratégies adéquates pour faire respecter la réglementation en vigueur au Bénin notamment l’arrêté n°060/Mic/Mcvt/Dc/Sgm/Anm/Sa/011SGG23 du 17 juillet 2023 », a précisé d’entrée le directeur général de l’Anm, Abdou Latif Saliou. A sa suite, le directeur de l’inspection et du contrôle qualité, Philéas Patinvoh, a soumis à validation, l’ordre du jour qui est passé comme une lettre à la poste. D’après ce dernier, il revient avec insistance à l’Anm, qu’il existe des fers hors-normes sur le marché. Cet état de chose interpelle le volet qu’a en charge l’Anm sur les aspects de la dimension et du poids des fers à béton. D’où l’intiative de cette séance avec l’ensemble des acteurs. « Il a été élaboré au profit des producteurs de fer, une norme béninoise pour fixer les exigences à respecter pour la qualité des fers à béton au Bénin. Cette norme a été transformée en règlement technique qui est d’application obligatoire. Pour l’Anm donc, il ne devrait plus avoir sur le marché national, des fers hors-normes. C’est donc pour comprendre si les fers en cause sont fabriqués localement ou importés que nous n’arrivons pas à comprendre qui est installé au Bénin et qui fabrique. Pour y arriver, nous avons réuni autour d’une même table, tous les acteurs à savoir les producteurs et les structures d’inspection pour réfléchir ensemble et savoir si en dehors des règles fixées par l’Etat, il y a d’autres pratiques qui sont faites dans le domaine », a-t-il ajouté.
Une initiative saluée par les consommateurs
Représentant les consommateurs à la rencontre, le président de l’Association Bénin Santé et survie du consommateur, Ernest Gbaguidi, a salué l’organisation de cette séance. « C’est une séance qui est bienvenue en ce sens que nous avons des bruits de bottes relevant des informations parfois même des constats faisant état de ce que des fers hors-normes seraient en distribution sur le territoire national. Les risques associés à de telles pratiques sont que les infrastructures pour lesquelles on aura à utiliser ces matériaux risquent de céder, exposant les populations à d’énormes dangers », a-t-il fait remarquer. Vu sous cet angle, va-t-il ajouter, il était important que l’autorité recentre le débat et ramène les acteurs à l’ordre. Et c’est ce que l’Anm a fait en initiant la présente rencontre. D’après ce dernier, l’esprit de l’autorité n’est pas de passer tout de suite à la sanction mais de sensibiliser pour préserver la vie des consommateurs. « Il est vrai qu’il y a une partie du fer qui est importée et l’autre produit localement mais il faut que les deux soient conformes. Aujourd’hui, les producteurs et les importateurs n’auront plus à utiliser la norme de façon volontaire. Depuis que l’arrêté a été pris, la norme est transformée en un règlement technique. Donc, on s’y conforme et on produit ou on importe; ou on ne s’y conforme pas et on est opposé à la loi…A partir de ce moment, il est impératif que les acteurs puissent s’informer et se conformer aux dispositions prévues par les normes et les règlements techniques », a indiqué Ernest Gbaguidi.
Serge Adanlao




















