Le ministre en charge du Cadre de vie et des transports, Georges Alé, a lancé hier jeudi 8 octobre 2026 à Cotonou, la 4ème édition du Forum international du cadre de vie (Fic). Durant trois jours, décideurs, experts et internationaux élaborent des stratégies concrètes pour bâtir des cités africaines durables et résilientes face aux défis climatiques.
L’urbanisation rapide du continent impose désormais une révision profonde des modes d’aménagement territorial. Placé sous le thème « Économie des territoires africains : accélérer la transition vers la sobriété carbone », l’événement réunit ministres, bâtisseurs, chercheurs et investisseurs venus échanger sur les solutions d’avenir. « Comment construire des territoires qui créent de la richesse, améliorent la vie des populations et préservent en même temps les ressources naturelles dont dépend notre avenir ? C’est une question centrale », a déclaré Georges Alé devant un parterre de hauts responsables régionaux et diplomatiques. Pendant plusieurs décennies, le secteur de la construction en Afrique s’est souvent appuyé sur des modèles architecturaux extérieurs, énergivores et peu adaptés aux réalités climatiques locales. Le rassemblement de Cotonou entend rompre avec ces habitudes pour privilégier l’usage des matériaux locaux et la valorisation des savoir-faire endogènes. La séquence inaugurale a mis en lumière la contribution de l’architecte Francis Kéré, figure internationale engagée en faveur de bâtiments écoresponsables et intégrés à leur environnement. Le ministre de la tutelle précise le sens de cette démarche : « La sobriété n’est pas une politique de restriction, mais une stratégie d’efficacité et d’innovation ».
Les éditions précédentes passées en revue
Au-delà des réflexions prospectives, l’événement met un point d’honneur à évaluer la portée opérationnelle des résolutions prises lors des éditions précédentes. Le président du Comité d’organisation, Victor Ananouh, a présenté un bilan concret des démarches engagées. « Sur les 25 recommandations retenues, et qui sont pour la plupart à moyen et à long terme, 12 sont exécutées et le reste en cours d’exécution », a-t-il affirmé, citant les avancées enregistrées dans la mise en place des systèmes d’alerte précoce, la gestion intégrée de l’eau et le recyclage des matériaux plastiques. Cette exigence de sobriété interpelle directement le secteur du bâtiment, responsable à lui seul de 37 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone. C’est le chantier prioritaire confié à Ismaïl Yasso, Directeur général de la Construction et de l’Habitat, appelé à piloter la mise en œuvre des standards écologiques. « Pour nous, la question n’est plus seulement « comment construire davantage ? », mais elle devient « comment construire mieux dès aujourd’hui ? » », a-t-il soutenu. Poursuivant, il indique que « la transition vers une construction plus durable ne se décrète pas : elle s’organise, elle se mesure, elle se contrôle ».
Des dispositifs financiers structurants introduits
Afin de traduire ces priorités en réalisations tangibles, cette édition introduit des dispositifs financiers structurants avec le lancement du Fic Investor Circle et de la plateforme Fic Project Connect, destinés à rapprocher les porteurs de projets durables des bailleurs de fonds institutionnels et privés. En associant une démarche de compensation carbone globale pour le déroulement du forum et un espace d’exposition dédié aux technologies vertes, le Bénin confirme son ambition d’ancrer la modernisation urbaine dans un modèle résilient et durable.

















