Le changement de nom de l’université de Maiduguri en l’honneur de l’ancien président Muhammadu Buhari ne fait pas l’unanimité au Nigeria.
Le syndicat de l’université a qualifié cette décision d’opportunisme politique poussé trop loin, avertissant que l’héritage durement gagné par l’université ne serait pas sacrifié sur l’autel du clientélisme politique.
Le Syndicat du personnel académique des universités (Asuu), section de l’Université de Maiduguri (Unimaid), a condamné avec force ce qu’il a décrit comme une décision politiquement motivée et malavisée du président Bola Tinubu de renommer l’Université de Maiduguri en l’honneur de l’ancien président nigérian, Muhammadu Buhari.
Selon un communiqué de presse publié samedi 19 juillet 2025 par le président du syndicat, Abubakar Mshelia Saidu, appelant à une mobilisation urgente de ses vétérans, de son conseil exécutif élargi et des membres du Congrès pour résister à ce qu’il a appelé un « affront éhonté » à l’histoire, à l’identité et à l’intégrité académique de l’institution.
Selon l’Asuu, le changement de nom controversé, qui a été annoncé lors d’une récente réunion spéciale du Conseil exécutif fédéral (Fec) convoquée en l’honneur de feu Buhari, a provoqué une indignation généralisée au sein et à l’extérieur de la communauté universitaire.
« Cette action n’est pas seulement choquante ; elle représente un affront éhonté au caractère sacré de notre alma mater, en particulier compte tenu de son 50e anniversaire historique imminent sous la marque « Unimaid », mondialement reconnue et profondément appréciée », peut-on lire dans le communiqué de l’Asuu.
Le syndicat a qualifié cette décision d’opportunisme politique poussé trop loin, avertissant que l’héritage durement gagné par l’université ne serait pas sacrifié sur l’autel du clientélisme politique.
L’Asuu Unimaid a également averti que si la colère du public continue de monter, sa propre réaction en tant qu’acteur clé de l’institution serait sans équivoque, énergique et autoritaire.
Le communiqué du syndicat poursuit : « Ce décret effroyable a, naturellement, déclenché une vague de rejet catégorique dans tous les segments de la communauté. Cependant, en tant qu’Asuu, acteur majeur et porte-parole indéfectible de l’intégrité académique et de l’autonomie institutionnelle, notre réponse doit être sans équivoque, énergique et impérieuse. »
L’Asuu, comme toujours, répond aux problèmes avec des faits et sans émotion, et des questions de cette ampleur ne peuvent être traitées différemment. Bien que nous reconnaissions l’important tollé suscité par le public et les universités, le syndicat devra réagir collectivement, guidé par ses idées et avec une compréhension claire des faits.
Cette analyse indépendante apportera une valeur ajoutée considérable à notre démarche. Votre contribution est non seulement cruciale, mais impérative. Nous sollicitons vos opinions franches et vos déclarations décisives pour nous aider à forger une position unifiée et forte qui guidera nos délibérations lors des réunions du Congrès, des zones et du Comité exécutif national.
« Nous devons exprimer notre opposition catégorique et exiger l’annulation immédiate de cette décision mal conçue et profondément offensante. L’héritage d’Unimaid, laborieusement construit pendant cinq décennies, ne sera pas sacrifié sur l’autel de l’opportunisme politique. Nous vous invitons à participer à ce moment historique, car la date et l’heure de la réunion seront annoncées en temps voulu ; notre détermination doit être collective », peut-on lire dans le communiqué.
Le syndicat a accusé le gouvernement fédéral de tenter de détourner l’héritage de l’institution pour des raisons politiques, malgré les 50 ans d’histoire de résilience académique de l’Unimaid, en particulier dans une région ravagée par l’insécurité et le terrorisme.
Le président Tinubu avait annoncé le jeudi 17 juillet 2025, lors d’une réunion élargie du Fec à la Villa présidentielle à Abuja, le changement de nom de l’université en l’honneur de l’ancien dirigeant nigérian Buhari.
Fondée en 1975, l’Université de Maiduguri est l’une des principales institutions fédérales du Nigéria, connue pour sa résilience et son excellence académique, même au milieu des défis sécuritaires dans le Nord-Est.
Cependant, les médias ont rapporté plus tôt vendredi 18 juillet que le changement de nom de l’institution en l’honneur du défunt président sortant a déclenché une vague de critiques contre l’administration du président Tinubu.
De nombreux Nigérians, y compris certains partisans de Buhari, se sont tournés vers les réseaux sociaux pour s’opposer à cette décision, citant les nombreuses institutions publiques portant déjà son nom, notamment dans l’État de Borno.




















