Une partie de l’opposition béninoise, réunie au sein du Cadre de concertation des forces politiques de l’opposition, a donné de la voix, le mardi 22 juillet 2025. Objectif : appeler le président Talon à poser des actes forts de décrispation du climat sociopolitique à l’occasion de la fête du 1er août prochain.
Au travers d’une déclaration rendue publique à Cotonou, Eugène Azatassou et les siens ont lancé un appel au chef de l’Etat. Pour eux, la célébration du 65ème anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale est une occasion propice que devrait saisir Patrice Talon pour poser un certain nombre de gestes qu’ils jugent utiles et préalables à la décrispation de la situation sociopolitique. Au nombre des actions sollicitées du président de la République, figurent la libération des détenus politiques, le retour des exilés politiques, la convocation d’un dialogue politique ou d’une assise nationale entre autres. Ces actes, s’ils étaient posés, vont, selon le Cadre, « permettre de « rassembler les filles et fils du Bénin autour d’un idéal commun fédérateur et provoquer une réconciliation de la nation avec elle-même ». Le Cadre de concertation des forces politiques de l’opposition estime qu’il n’y a meilleure passerelle pour Talon de sortir par la grande porte étant donné que la célébration du 65ème anniversaire du Bénin le 1er août prochain est la dernière sous son magistère.
Rien de nouveau sous le soleil
A y voir de près, il s’agit de vieilles revendications agitées par l’opposition, parfois sans grande conviction. La résurgence de ces exigences sur lesquelles la position du chef de l’Etat est pourtant connue, s’apparente à une manœuvre de manipulation de l’opposition et guidé par l’objectif de mettre une certaine pression psychologique sur le chef de l’Etat. En agitant ce chapelet de revendications déjà connues de tous, l’opposition démontre une fois encore son manque d’inspiration et son incapacité à proposer une alternative crédible au peuple béninois à quelques encablures des prochaines élections générales. Après avoir épuisé ses armes dans ses agitations en vue d’obtenir une éventuelle relecture du Code électoral, l’opposition semble désormais s’agripper au sort des prétendus exilés politiques pour influencer le débat politique.
Changer de disque
L’opposition béninoise ne semble pas prendre conscience de l’enjeu que constituent les prochaines élections générales. Elle végète dans une sorte d’amateurisme qui donne le sentiment qu’elle s’est résignée et manque d’alternative face aux nombreux succès qu’engrange le chef de l’Etat dans sa gouvernance depuis 2016. De toute évidence, l’opposition semble n’avoir autre carte à jouer que de surfer sur le sort de prétendus exilés ou prisonniers politiques. Ce discours semble d’ailleurs être l’unique projet de société des adversaires de Patrice Talon qui égrène pourtant ses derniers mois à la tête du Bénin. Cette posture de l’opposition d’apparente à une stratégie « vieux jeu » qui risque de ne pas produire les effets escomptés.
Abdourhamane Touré



















