En août prochain, des hommages seront rendus au professeur François Abiola à Sakété pour ses nombreuses contributions scientifiques et son parcours politique exceptionnel. A cet effet, deux grandes manifestations sont au programme.
En début du mois prochain, le professeur François Abiola sera à l’honneur. Le 1er août, date de la célébration de l’indépendance du Bénin, la plaque de dénomination de la voie venant de la mairie de Sakété à l’hôpital de zone portant son nom sera dévoilée sous la direction du maire de la Commune, Nestor Idohou. C’est la mise en application de la décision n°115/008/CC/SE-SA de la session ordinaire du Conseil communal de Sakété du 29 avril 2025 et de l’arrêté du préfet du Plateau n°11/111/PDP/SGD/STCCD/SA du 22 mai 2025 portant approbation de cette délibération. Les jeunes réunis au sein du groupe Éveil citoyen entendent s’y associer pour en faire un événement de grande portée au regard de la dimension universitaire et politique du récipiendaire. La deuxième activité sera l’organisation d’un colloque scientifique international du 02 au 03 août 2025 à Sakété sous le thème : « Formation, héritage et modélisation : la qualité de l’homme pour mieux servir dans la société » initié par le groupe Éveil citoyen et placé sous le parrainage du professeur Norbert Hounkonnou, ancien président de l’Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin (Ansalb). Il s’articulera essentiellement autour des panels suivants : hommage au professeur François Abiola : valorisation du parcours du professeur François Abiola et sensibilisation de la jeunesse autour de son engagement et à ses réalisations, examen des opportunités de création de supports éducatifs comme modèle de parcours scolaire et universitaire pour la jeunesse et examen de ce que peuvent constituer ses oeuvres dans la Commune de Sakété comme modèle de développement. Au cours de cette rencontre scientifique, il sera également question de l’éveil citoyen, du patriotisme, de la dignité et de l’éthique comme valeurs cardinales nécessaires à tout respect et toute considération sociétale, d’une part, et de la géopolitique, de la gouvernance et du développement, d’autre part, selon le programme du comité d’organisation.
Qui est en réalité le professeur François Abiola ?
Quand on entre dans son histoire, il est loisible de constater que le professeur François Abiola a un long parcours professionnel et politique qui inspire la jeunesse. L’homme est apparu sur la scène politique à Sakété au début des années 90, plus précisément aux élections législatives de 1995 avec la liste Union pour la démocratie et la démocratie (Uds), un parti ayant son ancrage dans le nord du pays sous la direction de feu Adamou N’Diaye, ministre de l’Agriculture sous le régime Soglo. Cette formation politique a raflé la quasi-totalité des suffrages exprimés à Sakété au moment où le Prd de Me Adrien Houngbédji était irrésistible dans l’Ouémé-Plateau. Il était l’icône de la Commune. Fort de sa proximité avec le pouvoir d’alors, François Abiola a pu obtenir l’électricité pour Sakété en 1995 et d’autres projets de développement. A la création du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep), il s’est associé à Séfou Fagbohoun pour faire du Plateau, une force sur l’échiquier politique national. Ce qui a marché. En 1999 et 2003, le Madep a raflé la totalité des cinq sièges de députés dans le Plateau avec des percées dans les 19ème et 20ème Circonscriptions électorales et dans le nord. Puis, vint la crise en 2006 entre Fagbohoun et lui autour de la candidature de Idji Kolawolé au nom du Madep. Abiola a préféré soutenir Me Adrien Houngbédji, parce que, pour lui, il fallait créer une coalition dans l’Ouémé-Plateau pour gagner le pouvoir d’État. Après la réconciliation avec Séfou Fagbohoun, il a été positionné troisième, équivalent de la dernière place sur la liste de l’Alliance pour une dynamique démocratique (Add) où se trouvait le Madep aux Législatives de 2007. Abiola a été élu député, créant ainsi la sensation chez ses adversaires qui ne croyaient pas à ses chances. Un an après, il est nommé ministre de l’Enseignement supérieur dans le gouvernement du président Boni Yayi. Il deviendra par la suite ministre d’Etat jusqu’à être vice-premier ministre chargé de l’Enseignement jusqu’en 2016. Il a pu obtenir pour sa Commune : le pavage de la voie venant à la mairie de Sakété jusqu’à l’hôpital de zone de la Commune, la construction de l’université de Takon, des emplois aux jeunes et la liste est longue. A l’avènement au pouvoir du président Patrice Talon, d’aucuns le croyaient politiquement mort. Déjouant tous ces pronostics, cet universitaire est resté sur la scène politique grâce au Bloc républicain (Br) avec l’appui des jeunes qu’il soutient pour l’émergence d’une nouvelle classe politique à Sakété et dans le Plateau. En récompense, il est désigné par l’Assemblée nationale membre du Conseil électoral à la Commission électorale nationale autonome (Céna) en 2021 où il sert actuellement la République. Au plan professionnel, François Abiola a été étudiant et enseignant à l’Ecole inter-États des sciences et médecine vétérinaire (Eismv) de Dakar où il a été directeur de 1994 à 2005. Dans son mémorandum de fin de fonction présenté à Ouagadougou, il a souligné avoir sorti cette université sous-régionale de l’ornière. Il en ressort que le professeur François Abiola a marqué des générations dans son parcours politique et professionnel. En août prochain à Sakété, beaucoup de jeunes entendent s’en inspirer pour leur devenir.
Jules Yaovi Maoussi (Br Ouémé-Plateau)


















