(Les populations très émues expriment leur joie à Talon)
Fidèle à son ambition de conjuguer définitivement au passé les inondations et l’érosion côtière dans la commune de Grand-Popo, le gouvernement, avec l’appui des partenaires, a réalisé des travaux d’aménagement sur l’axe Grand-Popo-Gbêkon – Avlô. La réception officielle des ouvrages a été faite, mardi 05 août 2025, par le ministre du Cadre de vie, José Tonato en présence des populations.
C’est l’effervescence totale dans la commune de Grand-Popo et environs. Et pour cause! Certaines localités viennent de bénéficier d’importants travaux d’enrochement de la berge lagunaire et de réhabilitation des places culturelles grâce au dynamisme du gouvernement à travers le ministère du Cadre de vie. En effet, depuis plusieurs années, les berges du fleuve Mono sont soumises à une forte érosion marine et fluviale au niveau du village de Gbèkon en général et de la place du 10 janvier en particulier. Au niveau fluvial, l’érosion se matérialise par un sapement de la plage au droit du coude du fleuve Mono en raison de la modification continue des comportements hydrauliques du fleuve et ses défluents. Au plan marin, la façade Atlantique subit les conséquences d’une érosion continue, résultat de l’action anthropique à des fins d’aménagement, des mouvements eustatiques et de l’élévation du niveau marin amplifiée par le réchauffement climatique mondial. Cette érosion dont les impacts sont visibles, a obligé à des actions concertées et hardies pour sauvegarder les terrains restants, les civilisations, le patrimoine culturel et l’écosystème. Afin de sauver ce site, d’empêcher la destruction du cordon sableux, d’atténuer et de limiter tous les impacts négatifs qui pourraient en découler, le gouvernement a dû intervenir en urgence entre 2019 et 2020, pour renforcer la berge droite du Mono fortement érodée à la suite de la crue annuelle du fleuve Mono. Dans son mot de bienvenue, le représentant du maire a salué la capacité du gouvernement à anticiper sur la gestion des risques à Grand-Popo. A l’en croire, des aménagements ont été réalisés sur toute la berge lagunaire, le site de la place du 10 janvier et sur la piste reliant l’arrondissement de Grand-Popo à Avlo. « Cela a renforcé le dispositif touristique de la commune qui accueille chaque année des milliers de festivaliers et de touristes chaque 10 janvier », a confié le premier adjoint au maire.
Des travaux d’envergure envisagés
Selon la présentation faite, les travaux d’aménagement réalisés prennent en compte le reprofilage de berges par curage mécanique, l’installation d’un géotextile sous les tapis d’enrochement, la stabilisation des berges par un revêtement en enrochement pour le tapis de protection inférieure de 16 m de largeur sur 900 m de longueur sur les berges du fleuve Mono et d’un second revêtement en enrochement de tapis supérieur de 520 m de long avec une largeur de 5,5 m à proximité de la piste. Les réalisations concernent aussi la stabilisation entre les revêtements en enrochement par un génie végétal avec la plantation des espèces de valeur spécifique sur une surface maximale de plus de quatre hectares, la réhabilitation et l’entretien du temple du 10 janvier, le reprofilage et la remise à gabarit de la piste en terre sur une distance de plus de huit kilomètres et 500 m de bretelles, la construction de deux parkings aménagés au niveau du terminus de la piste en terre côté embouchure et au niveau de l’arrondissement de Avlo. Pour finir, grâce aux travaux, les populations ont bénéficié de 14 lampadaires solaires modernes installés depuis la place du 10 janvier jusqu’à Avlo et l’installation de deux latrines à deux bouches. Dans son intervention, le ministre du Cadre de vie, José Tonato a laissé entendre que les travaux d’urgence autrefois réalisés ont permis de draguer et de stabiliser la berge par un dépôt de sédiments fluviaux et l’aménagement d’une digue en sable au nord de la route limitant le ruissellement des eaux pluviales vers le fleuve. Le projet s’inscrit dans le cadre du programme d’investissement pour le renforcement de la résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest et constitue une initiative primordiale pour la préservation de l’environnement. Les travaux qui ont duré onze mois traduisent un impact tangible à travers une protection renforcée pour les communautés riveraines, une sécurité accrue pour les biens et les personnes et la préservation de patrimoines naturels et culturels. L’autorité ministérielle a invité les autorités locales et les populations à une attention particulière pour une meilleure appropriation pour un entretien durable des ouvrages réalisés en vue d’un tourisme de vision et une aisance dans les célébrations culturelles. « Cette action écocitoyenne à laquelle je vous invite nécessite un sursaut inclusif de toutes et de tous pour la sauvegarde de cet environnement sujet à l’érosion et je compte sur vous pour gagner ce pari », a lancé l’autorité ministérielle. Très émues, les populations, à l’unisson, ont pris l’engagement de veiller au bon usage des infrastructures réalisées.
Mohamed Yasser Amoussa (Coll)



















