Le Haut-commissariat à prévention de la corruption (Hcpc) a procédé, le jeudi 7 août 2025, à la restitution des conclusions des travaux de la Commission de vérification des projets d’investissement dans les secteurs de l’eau et de l’énergie électrique à Parakou pour la période de 2016 à 2025. Du compte rendu fait par Jacques Migan, Haut-commissaire à prévention de la corruption, il ressort que le rapport établit que les allégations de l’ex-ministre de l’Energie, de l’eau et des mines, Paulin Akponna, relativement à de supposés détournements de fonds destinés au financement des projets relatifs à l’eau et à l’énergie, ne sont pas fondés.
Lors d’un événement politique à Parakou, samedi 21 juin 2025, Paulin Akponna encore ministre de l’Energie, de l’eau et des ministres, a déclaré que des « siphonneurs du budget national » ont détourné les fonds destinés à améliorer les conditions de vie des populations en eau potable et à l’énergie. Il accuse les auteurs de ces actes de prévarication d’avoir caché le dossier au chef de l’État Patrice Talon. Des propos d’une certaine gravité étant donné qu’ils émanent d’un membre du gouvernement. S’étant saisi du dossier, le Haut-commissariat à la prévention de la corruption a mis sur pied une commission qui avait pour principale mission de faire toute la lumière sur ces accusations et d’évaluer l’efficacité et la transparence de la gestion des ressources publiques dans ces secteurs vitaux. Au terme de sa mission, la commission a produit son rapport. De la lecture dudit rapport, il ressort, à en croire Jacques Migan, qu’« Aucun élément n’a permis d’établir la moindre preuve de malversations ou de détournements de fonds publics. ». En clair, les allégations de l’ex-ministre de l’énergie, de l’eau et des mines, sont battues en brèche. Le principal postulat qui amène à cette conclusion est limpide. « Les 31,6 milliards de FCfa investis dans les secteurs de l’eau et de l’énergie électrique de 2016 à 2025, à l’exception des projets financés par le Programme Mca-Bénin II, ont été utilisés conformément à leur objectif initial, à savoir l’amélioration des infrastructures essentielles au bénéfice des populations de Parakou ». Il va sans dire que les propos de Paulin Akponna n’étaient en réalité qu’un vent de paroles, des vomissures que lui-même a d’ailleurs ravalées par la suite, se confondant en excuses publiques adressées au chef de l’Etat et à l’ensemble de son gouvernement mais aussi au principal mis en cause, l’ancien ministre Samou Seidou Adambi.
Quelle suite au dossier ?
La restitution des conclusions des travaux de la Commission de vérification des projets d’investissement dans les secteurs de l’eau et de l’énergie électrique à Parakou subséquemment aux déclarations de Paulin Akponna, vient situer l’opinion sur la véracité ou non de ces allégations qui avaient en son temps, créé une onde de choc et jeté un certain discrédit sur le régime. Désormais, en attendant que la commission parlementaire livre les fruits de sa mission, chacun peut déjà tirer ses conclusions. Le moins qu’on puisse dire est que le chef de l’Etat a fait la bonne option en éjectant de son gouvernement, le ministre qui a dévié de la ligne en n’ayant pas été précautionneux dans sa démarche. Si l’ancien ministre Samou Adambi a quasiment été blanchi par le rapport, quid de Paulin Akponna ? Le fait que ces propos n’aient été soutenus de preuves probantes, ne le met-il pas en situation sensible vis-à-vis de la justice ? N’a-t-il pas enfreint ce faisant, à l’obligation de réserve que requiert son statut de ministre ? Ce sont là autant de questions qui agitent les esprits quant à la suite éventuelle de ce dossier. Les jours et semaines à venir pourraient nous édifier.
Gabin Goubiyi




















