Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, on aperçoit le Chef de la junte nigérienne accordant un entretien exclusif dans lequel, il s’est prononcé sur plusieurs sujets dont le putsch manqué du 7 décembre 2025 et la présence des troupes françaises sur le territoire béninois. A y voir de près, l’homme qui a voulu laver son honneur et attirer la sympathie de son peuple, a finalement raté une bonne occasion de se taire.
« Ce dont on ne peut parler, il faut le taire » avertissait déjà Ludwig Wittgenstein. Le chef de la junte nigérienne Abdourahamane Tiani n’a visiblement pas intégré cette logique de communication depuis qu’il a commencé par enchainer des gaffes diplomatiques en s’attaquant ouvertement aux autorités béninoises. Une stratégie de victimisation qu’il a adoptée depuis un moment afin de grimper visiblement dans l’estime de son peuple, qui souffre le martyr à cause sa gouvernance qui privilégie les querelles d’égo à la solidarité régionale. Dans son monologue intercalé de quelques questions que lui a posé le journaliste, Tiani continue malheureusement de soutenir sans la moindre preuve formelle qu’il y a la présence des troupes françaises sur le territoire béninois. Mieux, il a affirmé que son gouvernement n’avait aucune connaissance préalable du lieutenant-colonel Pascal Tigri avant la date du putsch manqué. « Nous ne connaissions pas Pascal Tigri, même pas de nom, avant le 7 décembre 2025. Dieu nous est témoin », a-t-il déclaré, soutenant que le Niger n’a joué aucun rôle dans l’action dirigée contre le régime du président Patrice Talon. Plus loin, il a rejeté les informations selon lesquelles Pascal Tigri aurait été transporté à Niamey à bord d’un avion appartenant à un homme d’affaires burkinabè et hébergé dans la zone ministérielle. Il qualifie ces allégations d’« aberrations », rappelant que la résidence du Premier ministre ne se trouve pas dans ce périmètre. C’est clair que dans son entretien exclusif soigneusement préparé, Tiani veut se faire passer pour l’innocent aux yeux du monde. Il a encore porté de violentes accusations contre le président Patrice Talon et croit que les autorités béninoises seraient dans un coup contre son pays. Des incohérences notoires de Tiani, on retient qu’il nourrit une haine viscérale contre le pouvoir de Cotonou, oubliant qu’il a récemment sollicité l’aide de l’armée béninoise afin d’escorter des équipements militaires de son pays de Lomé jusqu’à Ségbana. Comment peut-on rester aux abords du fleuve et laver les mains avec des crachats ? Il faut être Tiani pour le faire. Comme le diable dans un bénitier, le chef de la junte nigérienne juge peu plausible que Pascal Tigri choisisse une frontière située à plus 800 kilomètres, alors que celles avec le Nigeria ou le Togo sont plus proches. « Il pouvait s’exfiltrer par-là, ou encore par la frontière togolaise ». C’est prendre les Béninois pour des moutons de panurge que d’avancer une affirmation du genre pour nier la réalité.
Tiani critique envers le Bénin et la France
Visiblement le Bénin et la France sont les bêtes noires qui donnent de l’insomnie au chef de la junte nigérienne. Dans ce qu’il a présenté comme état sécuritaire économique et diplomatique du Niger, il a multiplié comme à ses habitudes, les critiques contre la « France et ses laquais » ouest africains, notamment le Bénin. Sur la récente attaque contre l’aéroport de Niamey revendiquée par l’Etat islamique, Tiani refuse et avance que « c’était un conglomérat de mercenaires que les Français ont financé, et nous connaissons le montant du financement. L’objectif était de détruire tout ce que nous avons comme capacité aérienne », a-t-il laissé entendre. Tiani doit comprendre qu’aucun Etat n’est contre le Niger à part lui-même qui n’est et ne veut pas être à l’écoute de son peuple. Il ferait mieux de se poser les bonnes questions afin de comprendre que l’option qu’il fait de se fermer aux autres qui le met dans tous ses états. Le Bénin et la France sont des pays qui restent toujours disponibles à collaborer avec le Niger.
Sergino Lokossou
















