Le Bénin, à l’instar de la communauté internationale, a célébré en différé la 31ème édition de la Journée internationale des droits des femmes (Jif), le vendredi 6 mars 2026 à Cotonou. Organisée par le ministère des Affaires sociales et de la Microfinance (Masm), en collaboration avec l’Institut national de la femme (Inf), la cérémonie officielle s’est déroulée au pied de l’Amazone à Cotonou. Elle a réuni plusieurs personnalités dont la vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata, la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, Véronique Tognifodé, la présidente de l’Inf, Huguette Bokpè, ainsi que des acteurs engagés dans la promotion des droits des femmes.
Placée sous le thème « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles », cette célébration a été l’occasion de faire le point des avancées enregistrées au Bénin tout en rappelant les défis qui persistent en matière d’égalité de genre. Dans son mot de bienvenue, le représentant du préfet du Littoral a salué les efforts des autorités et des partenaires pour promouvoir l’autonomisation des femmes et des filles. Prenant la parole, la coordonnatrice résidente du système des Nations Unies au Bénin, Aminatou Sar, a rappelé que malgré les progrès réalisés à travers le monde, les femmes ne jouissent encore que d’environ 64 % des droits juridiques accordés aux hommes. Elle a appelé à un changement profond des mentalités et à une mobilisation collective, y compris celle des hommes, pour faire progresser l’égalité. « L’égalité n’est pas une soustraction, c’est une multiplication », a-t-elle déclaré, tout en saluant les réformes engagées au Bénin pour renforcer la protection des femmes.
La voix des filles pour l’égalité
Moment fort de la cérémonie, l’intervention de la jeune Loane Kpatinvoh, représentante des filles et des femmes, a particulièrement marqué les esprits. Âgée de 12 ans, elle a exprimé son rêve d’un monde où être une fille ne constitue ni une limite ni une faiblesse. Tout en reconnaissant les avancées réalisées par le gouvernement, elle a rappelé que certaines réalités persistent encore dans les communautés, notamment les mariages précoces, les violences sexuelles et la déscolarisation des filles. « Nous ne demandons pas un privilège, nous voulons simplement avoir notre place », a-t-elle affirmé, appelant à davantage d’efforts pour garantir l’égalité des chances. La présidente de l’Inf, Huguette Bokpè Gnacadja, a salué cette prise de parole qui rappelle l’importance de donner aux filles les moyens de réaliser leurs ambitions. Selon elle, protéger et éduquer les filles constitue un investissement essentiel pour l’avenir de toute la société.
Dans son discours officiel de lancement, la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, Véronique Tognifodé, a rappelé que la promotion des droits des femmes constitue une priorité nationale. Elle a salué la vision et l’engagement du président Patrice Talon, qui ont permis de renforcer les cadres institutionnels et sociaux dédiés à la cause féminine au cours de la dernière décennie. Selon la ministre, les réformes engagées ont favorisé l’autonomisation économique des femmes, amélioré leur protection juridique et encouragé leur participation aux instances de décision. Elle a également rendu hommage aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux organisations de la société civile qui accompagnent ces efforts.
Projection du documentaire « 10 ans pour Elles »
L’un des moments marquants de cette célébration a été la projection du documentaire « 10 ans pour Elles », qui retrace une décennie d’actions en faveur des droits des femmes au Bénin. À travers des images d’archives et des témoignages, le film met en lumière les réformes juridiques, institutionnelles et sociales engagées depuis 2016 pour renforcer la protection des femmes et promouvoir leur autonomisation. Il revient notamment sur des initiatives telles que le Microcrédit Alafia, le programme Gbessoké et plusieurs programmes éducatifs destinés aux filles. Le documentaire donne également la parole à des entrepreneures, des jeunes filles formées, des activistes et des bénéficiaires de programmes sociaux qui témoignent des transformations opérées dans leurs vies.
Léonce Adjévi


















