À un mois de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, le climat politique s’intensifie progressivement au Bénin. Ce scrutin, qui marquera la huitième élection du président de la République depuis l’avènement du renouveau démocratique, opposera deux duos de candidats : celui formé par Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata, et celui constitué de Paul Hounkpè et Judicaël Rock Hounwanou. Si le premier affiche une dynamique soutenue de mobilisation et de conquête de soutiens, le second semble évoluer dans une posture plus discrète, suscitant chez certains observateurs l’impression d’une stratégie hésitante, voire d’une forme de résignation face aux enjeux.
À mesure que l’échéance électorale approche, la fièvre politique monte crescendo dans le pays. Le Bénin s’apprête en effet à tourner une nouvelle page de son histoire politique en élisant le successeur de l’actuel chef de l’État, Patrice Talon. Deux candidatures sont officiellement en lice : celle de l’actuel ministre d’État Romuald Wadagni et celle de Paul Hounkpè. Sur le terrain, le contraste entre les deux camps apparaît de plus en plus marqué. Le duo Wadagni-Talata multiplie les initiatives politiques et les rencontres, engrangeant progressivement des soutiens sur l’ensemble du territoire national, mais également au sein de la diaspora. À l’inverse, le tandem Hounkpè–Hounwanou semble éprouver des difficultés à imposer sa présence dans le débat public et à mobiliser largement autour de sa candidature. Dans les rangs de ce second duo, la ferveur habituellement associée à une élection présidentielle peine à se manifester. Les activités politiques se limitent pour l’essentiel à quelques interventions ponctuelles du candidat et à des contacts sporadiques avec des acteurs politiques dont la capacité de mobilisation électorale reste jugée modeste. Pourtant, au regard des résultats enregistrés lors des dernières consultations électorales (un peu plus de 4 % des suffrages aux législatives du 11 janvier et près de 6 % aux communales), certains observateurs s’attendaient à une stratégie offensive visant à renforcer l’ancrage du parti et à bousculer les pronostics. Or, la dynamique observée semble plutôt contrastée, au moment où le camp adverse déploie une organisation politique particulièrement structurée. La coalition autour du duo Wadagni–Talata a en effet mis en place une équipe de campagne étoffée, composée de figures influentes de l’Union progressiste le Renouveau et du Bloc républicain. La présence, à leurs côtés, des présidents de ces deux grandes formations politiques de la majorité présidentielle, ainsi que celle du chef de l’État Patrice Talon lui-même, témoigne de la détermination de la mouvance présidentielle à ne rien laisser au hasard. Un engagement qui contraste avec certaines analyses laissant entendre que l’issue du scrutin serait déjà acquise et que l’élection du 12 avril ne constituerait qu’une simple formalité. À un mois du rendez-vous électoral, la bataille politique reste donc ouverte, même si les dynamiques observées sur le terrain semblent pour l’heure nettement différenciées.
Gabin Goubiyi


















