Le siège de l’Institut national de la femme (Inf) à Cotonou a servi de cadre, le vendredi 13 mars 2026, au vernissage d’une exposition inédite intitulée « Héroïnes d’hier à aujourd’hui ». Ce rendez-vous mémoriel et artistique, qui met en lumière quarante figures emblématiques du Bénin, s’inscrit dans la continuité des célébrations de la Journée internationale des droits de la femme.
La mémoire collective du Bénin s’enrichit d’une nouvelle page visuelle et historique. En ouvrant les portes de son institution à cette galerie de portraits, la Secrétaire exécutive de l’Inf, Flore Djinou, a d’emblée précisé que cet événement dépasse le simple cadre d’un rendez-vous artistique pour devenir une véritable invitation à la réflexion et à l’engagement. Pour elle, ces œuvres font écho au thème de l’année 2026 et rappellent que le combat pour l’équité est un héritage permanent. Elle souligne avec conviction que « les Héroïnes d’hier, dont les visages et les parcours sont magnifiquement évoqués ici, furent les premières gardiennes de nos droits ». L’âme de cette exposition réside dans le travail passionné de Sonia Couao-Zotti, Commissaire de l’événement. Après un passage remarqué au Centre africain des créateurs en 2024, cette collection de quarante destins trouve désormais un écrin institutionnel à l’Inf. L’artiste explique avoir voulu transformer une enquête historique en une rencontre intime avec l’excellence. Selon ses propos, le choix de ce nombre symbolique permet d’illustrer la pertinence de profils variés ayant marqué l’histoire, la politique, le sport ou encore la culture béninoise. Consciente de l’immensité du vivier de talents féminins dans le pays, elle a tenu à préciser que « ces 40 femmes sont en quelque sorte le reflet de toutes les autres, le miroir dans lequel chaque Béninoise au Bénin, comme dans la diaspora, peut se reconnaître ».Clôturant la série des interventions, Huguette Bokpè Gnacadja, présidente de l’Institut national de la femme, a lancé l’exposition en insistant sur la dimension de justice mémorielle que porte ce projet. Pour la première responsable de l’Inf, il est impératif de briser les silences pour accorder aux femmes la place qu’elles méritent dans le récit national. Elle a parcouru l’histoire en citant des figures allant de la visionnaire Tassi Hangbe aux exploits contemporains d’athlètes comme Noélie Yarigo, affirmant avec force qu’un « peuple qui ne raconte pas l’histoire de ses femmes raconte une histoire incomplète de lui-même ».
Karol B. Sékou (Coll)

















