Depuis près de huit ans, les forces de sécurité béninoises mènent une lutte constante contre les réseaux d’escroquerie pyramidale opérant sous le nom de Qnet et d’autres structures similaires. La Brigade économique et financière (Bef) est en première ligne de ce combat.
Depuis 2018, les autorités s’emploient à démanteler ces organisations qui se présentent comme des opportunités d’affaires ou d’emplois rentables, mais qui fonctionnent en réalité sur le modèle frauduleux de la pyramide de Ponzi. En plus de Qnet, plusieurs autres réseaux ont été visés par des enquêtes, notamment Highlife, Chymall, Alpha-Omega-Coins (Aoc) et Tiens destination succès communication. En Afrique de l’Ouest, ce type d’escroquerie cible particulièrement les jeunes. Sous une apparence légale et séduisante, ces réseaux promettent des revenus rapides et importants. Les victimes sont souvent encouragées à faire adhérer leurs proches et à investir des sommes d’argent importantes, dans l’espoir de gains qui, en réalité, ne reposent sur aucune activité économique solide. Bien que ces pratiques soient formellement interdites au Bénin, car assimilées à des escroqueries de type Ponzi parfois organisées via Internet, les réseaux continuent d’exister. Ils changent régulièrement de nom et de stratégie pour contourner la vigilance des autorités. Entre 2018 et avril 2026, la Bef a mené ou coordonné environ 70 opérations de police contre ces réseaux. La première grande opération, le 6 février 2018 à Abomey-Calavi, avait permis l’interpellation de 187 personnes ; la saisie de 20 726 075 Fcfa, déposés au greffe du tribunal d’Abomey-Calavi; la présentation de 10 présumés responsables au procureur. Au total, de 2018 à avril 2026, 1 386 personnes ont été interpellées. Parmi elles, 412 ont été présentées au Procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Le caractère transfrontalier de ces réseaux a nécessité une coopération policière avec plusieurs pays de la sous-région, notamment le Togo, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Ghana. Ces actions conjointes ont permis de démanteler des réseaux impliquant des Béninois, parfois comme organisateurs, parfois comme victimes. En avril 2022, 143 jeunes Camerounais ont également été libérés de ces réseaux, illustrant la dimension humaine et sociale de cette lutte. Face à la persistance du phénomène, la Police républicaine appelle la population à la vigilance, notamment face aux promesses d’emplois bien rémunérés à l’étranger ou d’activités commerciales aux gains rapides diffusées par ce type d’organisations. La lutte continue. Au-delà des statistiques, il s’agit de protéger la jeunesse béninoise contre les illusions de l’argent facile et les conséquences graves de ces escroqueries.
Gabin Goubiyi

















