L’interpellation, au cours de la première semaine de mai 2026, de deux figures politiques locales proches de la mouvance présidentielle illustre la continuité de la lutte contre l’impunité sous le magistère du président Patrice Talon. Placés sous mandat de dépôt dans des affaires distinctes, les intéressés attendent désormais d’être fixés sur leur sort par les juridictions compétentes.
Sous le régime dit de la Rupture, les manquements à la loi et les atteintes aux principes de bonne gouvernance ne sauraient prospérer impunément. Le chef du douzième arrondissement de Cotonou, Samuel Akindès, et le conseiller municipal Pipaul Adingni en font aujourd’hui l’amère expérience. La détermination des pouvoirs publics à combattre nullement s’émousser, y compris à l’approche du terme du second mandat du président Patrice Talon. Le glaive de la justice continue de s’abattre avec constance, jusque dans les sphères réputées proches du pouvoir.
Samuel Akindès, chef du 12ème arrondissement de Cotonou, aurait été impliqué dans une affaire d’abus de fonction. À l’issue de son audition, le mardi 5 mai 2026, par le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), il a été placé sous mandat de dépôt. Le lendemain, mercredi 6 mai 2026, le conseiller municipal Pipaul Adingni a, lui aussi, été admis en détention provisoire après sa comparution devant la Cour spéciale des affaires foncières (Csaf). Selon des informations relayées par un média privé, il serait poursuivi pour escroquerie et abus de confiance dans une affaire portant sur un domaine de la collectivité Adjahouto, situé à Sèmè-Podji, dans le département de l’Ouémé.
Le litige concernerait un titre foncier appartenant à l’État et porterait sur une somme estimée à 245 millions de francs Cfa. Bien que les deux mis en cause bénéficient encore de la présomption d’innocence en attendant leur jugement, leur interpellation revêt une portée symbolique certaine. Tous deux sont des membres influents de partis majeurs de la mouvance présidentielle : l’Union progressiste le Renouveau pour l’un, le Bloc républicain pour l’autre. Acteurs politiques de premier plan dans la 16ème circonscription électorale, ils ont su conquérir leur siège au conseil municipal de Cotonou à l’issue des dernières élections municipales. Ces procédures judiciaires viennent ainsi nourrir le débat public sur l’impartialité de la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance.
Alors que certains critiques soutiennent que cette lutte ciblerait prioritairement les adversaires du régime, l’interpellation de personnalités issues du sérail politique apparaît, pour leurs partisans, comme une illustration du caractère non sélectif de l’action engagée. Depuis 2016, les structures publiques de contrôle et de répression affichent une volonté affirmée de combattre les pratiques contraires à l’orthodoxie administrative et à la probité. Les événements récents traduisent, à tout le moins, la persistance de cette dynamique et la détermination affichée des autorités à ne concéder aucune indulgence face aux atteintes présumées aux règles de gestion des affaires publiques.
Gabin Goubiyi

















