La mairie d’Athiémé a accueilli le lundi 04 mai 2026, le lancement de la phase de sensibilisation des parents, patrons et patronnes du secteur de l’artisanat dans le cadre de la 5ème édition du programme « Zéro Grossesse en Milieu Scolaire et Artisanal ».
Initiative de la Préfecture du Mono et mise en œuvre avec l’appui de Plan International Bénin, ce programme vise à réduire durablement les cas de grossesses précoces qui compromettent la scolarisation et l’apprentissage de nombreuses jeunes filles. Après avoir parcouru les six Communes du département, le préfet Bienvenu Milohin et son équipe ont bouclé cette campagne départementale à Athiémé, une étape symbolique qui marque également la clôture de la 5ème édition du programme. Ouvrant les travaux au nom du préfet empêché, le Secrétaire général du département, Arnaud Agon Sègla, a rappelé les efforts consentis par l’État béninois pour améliorer l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle. Malgré ces investissements, il a reconnu que les grossesses précoces demeurent un frein majeur à l’épanouissement des jeunes filles. « Des progrès ont été enregistrés, mais les grossesses précoces continuent de freiner l’élan éducatif et professionnel de nos enfants. Il devient urgent de renforcer les mécanismes de prévention », a-t-il déclaré, saluant au passage l’accompagnement technique et financier de Plan international Bénin.Représentant le maire d’Athiémé, le Premier adjoint au maire, François Agountchin, a insisté sur la responsabilité collective face à ce phénomène social préoccupant. Pour lui, la lutte contre les grossesses précoces doit impliquer aussi bien les parents que les maîtres d’apprentissage et l’ensemble de la communauté. « Dans nos communes, certains comportements, parfois issus de l’entourage immédiat des enfants, compromettent leur avenir. Cela interpelle aussi bien les parents que les maîtres d’apprentissage », a-t-il martelé. Les artisans présents n’ont pas caché leurs inquiétudes face à l’ampleur du phénomène. Maîtresse couturière à Athiémé, Angela Hounkanlin a évoqué plusieurs cas de jeunes filles dont la formation a été interrompue à cause des grossesses précoces. Elle a également dénoncé le manque de suivi de certains parents après le placement de leurs enfants dans les ateliers. La cérémonie a été marquée par la remise officielle de registres de suivi aux représentants des différents arrondissements de la Commune. Ces outils permettront de mieux assurer le contrôle et le suivi des apprenants afin d’identifier rapidement les situations à risque. À travers cette initiative, la Préfecture de Lokossa réaffirme sa volonté de maintenir la pression contre les grossesses précoces dans le Mono. Un défi qui nécessite l’engagement constant des familles, des artisans, des autorités locales et de tous les acteurs de la protection des enfants.
Jean-Eudes Chicha
(Br Mono-Couffo)
















