Les locaux de l’espace culturel Le Centre ont accueilli un nouveau numéro du programme « Wà Cinéma », vendredi 08 mai 2026 avec la projection au public de l’œuvre cinématographique « Le champ des oubliés ». Pendant plus de deux d’horloge, l’assistance est restée suspendue aux images de ce film de Roger Komal Gbekou qui traite des réalités migratoires en Afrique.
Dans une atmosphère empreinte d’émotion, de rires, d’émotions et de silences, les cinéphiles ont passé un moment particulier au cours de la projection du film « Le champ des oubliés » du réalisateur togolais Roger Komla Gbekou. Long de 122 minutes et réalisé au Togo en 2022, cette production cinématographique traite des réalités sociales de l’Afrique notamment l’émigration, un départ massif des jeunes vers l’Occident. L’œuvre mêle fictions et réalités et plonge le spectateur dans un scénario qui secoue beaucoup de pays en Afrique. Selon le synopsis, « le protagoniste, Mawunyo, un jeune entrepreneur, est témoin des difficultés vécues par les Africains qui émigrent vers l’Europe, séduits par un rêve d’eldorado. Conscient du potentiel inexploité de son pays, Mawunyo élabore un projet visant à encourager les jeunes à s’investir localement. Toutefois, il se trouve lui-même confronté à ses propres doutes et à la tentation de l’exil ». Tourné dans plusieurs pays africains et en Allemagne, ce film nous entraîne au cœur d’une réalité encore d’actualité, le rêve d’Europe qui pousse tant de jeunes africains à tout quitter. Une fiction remplie d’émotions qui invite à reconsidérer les rêves d’ailleurs et à poser un regard neuf sur les opportunités et l’immense potentiel du continent africain. A travers drame, fou-rires, les scènes de violences, la vengeance, la trahison, douleurs et regrets, le réalisateur a su captiver l’attention des férus du 7è art. Les images particulièrement travaillées et la qualité de la mise en scène donnent une dimension singulière au film.
Une invite à un investissement local
Les discussions avec la réalisateur Roger Komla Gbekou ont permis de mieux appréhender l’essence du film et les motivations qui sous-tendent sa production. A son dire, pendant longtemps, le contient africain est considéré comme une terre oubliée malgré toutes les richesses. La jeunesse laissée pour compte prend donc l’option de voyager parfois de manière clandestine pour réussir. « Le film évoque l’Afrique et l’émigration. Cette œuvre cinématographique éduque toute la jeunesse africaine que nous avons tout ce qu’il faut chez nous pour réussir. Nous voulons rappeler aux jeunes et à d’autres catégories de la société africaine que nous sommes l’avenir de demain. Nous devons prendre nos destins en mains », a indiqué le réalisateur. Interrogé sur l’option d’avoir réalisé le film en court puis en long métrage, le réalisateur a expliqué qu’il était question des moyens à mobiliser. « En tant que jeune réalisateur, l’idée première était d’abord de présenter le projet, d’abord au public togolais et ensuite africain. Nous avons pu mobiliser pour le long métrage après les différentes distinctions obtenues par le film », a confié Roger Komla Gbekou, tout en invitant les autorités à l’accompagner pour la projection du film dans les plus grandes salles africaines de cinéma. A sa suite, Berthold Hinkati, le Directeur de l’espace culturel Le Centre a indiqué que les réalités migratoires sont d’actualité dans plusieurs pays africains. Il était donc important d’en parler à répétition afin de montrer à la jeunesse que l’herbe est aussi verte en Afrique. « La soirée Wà cinéma est notre manière de mettre en lumière les réalités africaines, même si elles passent par la fiction », a-t-il laissé entendre tout en exprimant sa joie pour l’écho reçu auprès des cinéphiles. En plus de la satisfaction générale, ce film a réussi à susciter réflexion et émotions tout en tenant toutes ses promesses.
Mohamed Yasser Amoussa



















