Le Bénin a officiellement ouvert une nouvelle phase de son histoire politique et économique mercredi 13 mai 2026 avec l’adoption en Conseil des ministres du Plan national de développement (Pnd) 2026-2035. Réuni sous la présidence du chef de l’État, Patrice Talon, et co-présidé par le président de la République élu, Romuald Wadagni, le gouvernement a validé le premier document décennal destiné à opérationnaliser la Vision nationale « Bénin 2060 Alafia, Un Monde de Splendeurs ».
A travers le Plan national de développement 2026-2035, le président Patrice Talon laisse à son successeur Romuald Wadagni bien plus qu’un simple document de programmation : une trajectoire nationale déjà structurée, articulée autour d’objectifs précis, d’indicateurs mesurables et d’une vision cohérente du développement du pays sur le long terme. Le Pnd 2026-2035 constitue en effet la première grande feuille de route décennale du Bénin moderne. Il traduit la volonté du gouvernement d’inscrire durablement les réformes engagées depuis 2016 dans une logique de continuité, de transformation structurelle et de consolidation institutionnelle. L’ambition affichée est claire : faire passer le Bénin d’une phase de modernisation accélérée à une phase de développement durable fondée sur la productivité, l’industrialisation, l’inclusion sociale et la qualité de la gouvernance.
Le document a été élaboré sous la coordination du ministre d’Etat chargé du Développement et de la coordination de l’action gouvernementale, Abdoulaye Bio Tchané, qui a assuré le pilotage stratégique, méthodologique et institutionnel du processus. A ses côtés, le ministre de l’Economie et des finances d’alors, aujourd’hui président élu, Romuald Wadagni, a joué un rôle de premier plan dans l’élaboration du document, notamment sur les dimensions macroéconomiques, financières et de soutenabilité budgétaire du Plan. Son implication a contribué à garantir la cohérence entre les ambitions de transformation portées par la Vision 2060 et les capacités réelles de financement de l’État.
Cette collaboration étroite entre le ministère du Développement et le ministère de l’Economie et des finances a permis de produire un document alliant ambition politique, crédibilité économique et logique de résultats. Le président élu Romuald Wadagni hérite ainsi d’un instrument de gouvernance dont il a été l’un des principaux artisans à travers les réformes économiques et budgétaires engagées au cours des dernières années.
17 axes prioritaires, 03 grands domaines
Structuré autour de 17 axes prioritaires, le Pnd s’organise autour de trois grands domaines stratégiques : la transformation structurelle de l’économie, le développement du capital humain et de l’inclusion sociale, ainsi que la modernisation de la gouvernance et des institutions publiques.
Sur le plan économique, le gouvernement ambitionne une croissance moyenne de 7 % sur la décennie 2026-2035, portée notamment par le développement de l’industrie, de l’agriculture, du numérique, des infrastructures, du tourisme et de l’énergie. Le Plan prévoit une hausse de la contribution du secteur industriel à plus de 21 % du Pib ainsi qu’une augmentation substantielle du Pib réel par habitant. L’objectif est de construire une économie plus compétitive, moins dépendante des activités informelles et davantage créatrice de valeur ajoutée locale.
Le Pnd fixe également des obligations de résultats particulièrement fortes en matière sociale. Le gouvernement vise une réduction importante de la pauvreté monétaire, appelée à passer de 38,5 % à 21,9 %, ainsi qu’une diminution des inégalités sociales et territoriales à travers un recul de l’indice de Gini à 0,30. L’amélioration du capital humain constitue un autre pilier majeur du document avec une hausse attendue de l’espérance de vie à plus de 70 ans, un renforcement de la qualité de l’éducation et une expansion massive de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels.
La jeunesse occupe une place centrale dans ce nouveau cycle de développement. Le Plan prévoit un renforcement massif des investissements productifs afin de générer davantage d’emplois décents et de réduire le sous-emploi. L’objectif affiché est notamment de faire passer la proportion des apprenants inscrits dans l’enseignement et la formation techniques et professionnels de 7 % à 70 %, tout en améliorant durablement l’employabilité des jeunes.
En matière d’infrastructures et d’aménagement du territoire, le Pnd ambitionne un maillage plus équilibré du pays en zones d’activités économiques, infrastructures productives et équipements innovants. Sur le plan sécuritaire et alimentaire, le gouvernement prévoit également de renforcer la résilience du pays à travers la sécurité alimentaire, la protection des frontières et la consolidation des capacités nationales de gestion des risques.
Le Plan prévoit par ailleurs une amélioration significative du positionnement international du Bénin à travers le renforcement de l’État de droit, l’amélioration des indicateurs de gouvernance, la progression dans les classements internationaux relatifs à la paix, à la liberté de la presse et à la compétitivité, ainsi qu’une meilleure valorisation du patrimoine culturel national avec un doublement du nombre de sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco.
Pour soutenir cette ambition décennale, le Gouvernement entend s’appuyer sur la crédibilité financière acquise par le Bénin au cours des dernières années. La stratégie de financement du Pnd reposera notamment sur la poursuite de la discipline budgétaire, l’élargissement progressif de l’assiette fiscale et le renforcement des partenariats avec les bailleurs bilatéraux et multilatéraux.
Avec l’adoption du Pnd 2026-2035, le Gouvernement béninois pose ainsi les bases du prochain cycle de transformation du pays. Porté par le leadership du président Patrice Talon, structuré sous la coordination du ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané et enrichi par la contribution déterminante du Président élu Romuald Wadagni, ce document marque l’entrée du Bénin dans une nouvelle phase : celle d’un développement pensé sur le long terme, piloté par les résultats et assumé dans la continuité de l’État.
Abdourhamane Touré




















