Dans l’histoire contemporaine de la capoeira mondiale, peu de personnalités africaines ont marqué cette discipline avec autant de détermination, de vision et d’engagement que Mamoudou Fassassi. Reconnu comme le premier Maître africain de capoeira, il incarne aujourd’hui une figure majeure de la promotion culturelle africaine et de la valorisation de l’héritage afro-brésilien dans le monde.
À travers la capoeira, Mestre Mamoudou Fassassi porte un combat culturel et historique, reconnecter l’Afrique à une partie de son patrimoine né de la résistance des esclaves africains déportés vers le Brésil. Son parcours, construit avec discipline et persévérance, dépasse largement le cadre sportif. Au Bénin, alors que la capoeira était encore peu connue, Mestre Mamoudou Fassassi s’est engagé très tôt dans la promotion de cet art mêlant lutte, danse, musique et spiritualité. Convaincu que la capoeira représente une mémoire vivante de l’Afrique en diaspora, il décide d’en faire un outil d’éducation, d’inclusion sociale et de transmission culturelle. Grâce à son travail, plusieurs générations de jeunes découvrent une discipline porteuse de valeurs humaines fortes : respect, discipline, solidarité, paix et dépassement de soi. Son engagement contribue progressivement à structurer la pratique de la capoeira au Bénin puis dans plusieurs pays africains. Au fil des années, il participe à de nombreux événements internationaux, développe des échanges culturels et représente l’Afrique dans plusieurs rencontres et compétitions majeures de la capoeira mondiale.
Une reconnaissance internationale historique
L’année 2019 marque un tournant majeur dans son parcours. En reconnaissance de sa contribution au rapprochement culturel entre l’Afrique et le Brésil à travers la capoeira, Mestre Mamoudou Fassassi est médaillé et décoré Chevalier de l’Ordre National de Rio Branco par le gouvernement brésilien. Cette décoration historique vient consacrer le travail remarquable réalisé par le maître béninois dans la promotion de la culture afro-brésilienne et du dialogue entre les peuples. Elle constitue également une grande fierté pour l’Afrique, car elle symbolise la place désormais incontournable du continent dans l’univers mondial de la capoeira. En 2025, une nouvelle étape historique est franchie lorsque Mestre Mamoudou Fassassi est élu parmi les six membres de l’administration mondiale de la World Capoeira Federation (Wcf). À travers cette élection, il devient l’un des principaux représentants du continent africain dans la gouvernance mondiale de la capoeira. Sa présence au sein de cette haute instance permet aujourd’hui à l’Afrique de participer aux réunions concernant le développement, l’organisation et l’avenir de la capoeira.
Fondateur de l’Union Africaine de la Capoeira
Dans le but de fédérer les pratiquants africains, Mestre Mamoudou Fassassi fonde également l’Union Africaine de la Capoeira, une organisation regroupant aujourd’hui plus de 45 pays africains. À travers cette institution, il œuvre à la structuration, à l’unification et à la promotion de la capoeira sur tout le continent. In fine, cela vise à permettre à l’Afrique de retrouver sa place dans l’avenir de cette discipline. Dès lors, l’Union Africaine de la Capoeira organise des formations, rencontres culturelles, compétitions, projets éducatifs et des initiatives favorisant le dialogue entre les peuples africains et la diaspora afro-descendante. Au-delà des distinctions et des responsabilités internationales, Mestre Mamoudou Fassassi demeure un transmetteur de valeurs. Pour lui, la capoeira n’est pas simplement une pratique sportive, elle constitue un outil de transformation sociale, de paix et de réconciliation avec l’histoire. L’obtention récente de son certificat d’arbitre international vient une nouvelle fois renforcer son immense contribution à la capoeira mondiale. Cela confirme non seulement son expertise technique, mais aussi son engagement permanent pour l’excellence, la transmission et le rayonnement de la culture africaine. Dans l’histoire de la capoeira africaine, le nom de Mamoudou Fassassi restera comme celui d’un pionnier ayant consacré sa vie à la transmission d’un héritage culturel né de la résistance des peuples africains déportés vers les Amériques. À travers son parcours international et son engagement pour la capoeira, il porte également la voix de sa ville natale : Agoué. Son ambition, faire reconnaître Agoué comme un haut lieu de mémoire de la diaspora africaine et de l’histoire des peuples déportés. Le parcours de ce fils d’Agoué rappelle ainsi qu’une ville oubliée peut encore faire naître des figures capables de porter l’histoire et la culture africaines sur la scène internationale. Agoué n’est pas seulement une ville frontalière ; elle est une terre de mémoire, de résistance et d’espérance, dont l’histoire mérite d’être protégée, valorisée et transmise aux générations futures.
Mohamed Amoussa Yasser (Coll)
















