Réunis à Cotonou à l’initiative de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (Apbef), les acteurs du secteur bancaire et du monde des affaires ont été sensibilisés aux nouvelles dispositions encadrant les relations financières extérieures dans l’espace Uemoa. À cette occasion, le Directeur général de la Biic, Arsène Mahougnon Dansou, a insisté sur la nécessité pour les opérateurs économiques de mieux s’approprier ces règles afin de sécuriser leurs transactions internationales et d’éviter les irrégularités.
L’Association professionnelle des banques et établissements financiers (Apbef), en partenariat avec la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), a organisé le 15 juin 2026 à Cotonou un atelier de renforcement des capacités consacré au nouveau règlement relatif aux relations financières extérieures des États membres de l’Uemoa. Cette rencontre a réuni des représentants des banques, de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin, du Patronat, de l’Association des investisseurs privés du Bénin, du Bureau national de la Bceao ainsi que plusieurs opérateurs économiques. L’objectif était de permettre aux participants de mieux comprendre les nouvelles exigences réglementaires applicables aux opérations financières transfrontalières. Animée par Issa Cy, expert en réglementation bancaire et ancien cadre de la Bceao, la session a porté sur les évolutions de la réglementation des changes, la nouvelle loi bancaire ainsi que les dispositifs renforcés de supervision, de sécurité financière et de lutte contre le blanchiment de capitaux. Les échanges ont notamment permis de clarifier les règles applicables aux transferts internationaux, au rapatriement des recettes d’exportation, à l’ouverture des comptes en devises et aux comptes de non-résidents. Les participants ont également été informés des nouvelles obligations liées à la domiciliation des opérations d’importation et d’exportation de services.
Parmi les changements majeurs introduits par la réforme figure l’extension de la domiciliation aux importations et exportations de services, alors qu’elle ne concernait auparavant que les biens. Le seuil de domiciliation des opérations est désormais porté de 10 à 20 millions de francs Cfa. Les exportations temporaires d’or sont également soumises à cette obligation. Le nouveau dispositif renforce par ailleurs les responsabilités des importateurs et des intermédiaires agréés, qui sont désormais solidairement responsables de l’apurement des dossiers de domiciliation, même si le contrôle de conformité demeure du ressort des banques.
« Nos clients doivent connaître les règles qui encadrent leurs opérations »
Intervenant au terme des travaux, le Directeur général de la Banque internationale pour l’industrie et le commerce (Biic), Arsène Mahougnon Dansou, a salué une initiative qui contribue à rapprocher davantage les acteurs économiques des exigences du régulateur. Également président de la commission chargée de la trésorerie et du rapatriement de la rentabilité du secteur bancaire béninois, il a souligné que les nouvelles dispositions concernent directement les entreprises qui effectuent des paiements à l’étranger ou reçoivent des fonds de partenaires internationaux.
Selon lui, les banques ont la responsabilité d’accompagner leurs clients dans la compréhension et le respect de ces règles afin de garantir la conformité des opérations. Il a notamment rappelé qu’au sein de l’Uemoa, les prestations entre opérateurs établis dans l’espace communautaire doivent être libellées en franc CFA, conformément au règlement 06/2024/Cm/Uemoa relatif aux relations financières extérieures de l’Union. Le dirigeant de la Biic a également insisté sur les obligations qui s’imposent aux partenaires étrangers réalisant des prestations dans les pays de l’Union. Pour être rémunérés, ceux-ci doivent se conformer aux dispositions réglementaires en vigueur, tout comme leurs partenaires locaux.
Pour Arsène Mahougnon Dansou, cet atelier a permis de lever de nombreuses incompréhensions et d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des entreprises. Une démarche qui devrait favoriser une meilleure application de la réglementation et renforcer la sécurité des transactions financières dans l’espace communautaire.



















