Avec la publication de la liste des personnalités appelées à siéger au Sénat, les lignes bougent pour la mise en place effective de cette nouvelle institution. Si les membres de cette chambre haute du Parlement sont désormais connus, une question domine désormais toutes les conversations politiques : qui sera le tout premier président du Sénat ?
Depuis l’annonce des nominations et des personnalités de droit devant siéger au Sénat, les spéculations vont bon train. Les regards sont désormais tournés vers celui qui aura la responsabilité de conduire les premiers pas de cette institution née de la constitution modifiée du 15 novembre 2025. Parmi les noms qui circulent figure celui de l’ancien président de la République, Patrice Talon. Pour beaucoup, son identité s’impose presque naturellement. Par ailleurs, il est le principal instigateur du Sénat, l’une des innovations majeures de la réforme institutionnelle engagée sous son mandat. Il est donc logique que son principal artisan en assure la présidence. Avec cette lecture, il est difficile de penser que celui qui a porté cette réforme laisse un autre prendre la tête de cette institution. Toutefois, la politique est faite de surprises. Pour ceux qui le connaissent, Patrice Talon est un veritable stratège. Il n’est toujours pas là où on l’attend le plus. Ses choix déjouent parfois les pronostics et les certitudes établies. L’ancien chef de l’État a souvent démontré sa capacité à prendre des décisions inattendues, privilégiant ses propres calculs. Dès lors, une autre hypothèse prend de l’ampleur : celle d’un choix de confier la présidence du Sénat à une autre personnalité. Une telle décision permettrait de renforcer l’image d’une institution qui ne serait pas identifiée à un seul homme. Une autre interrogation alimente également les débats. Le processus de désignation du président du Sénat pourrait-il être l’occasion d’un consensus entre les trois anciens présidents de la République encore en vie dont Nicéphore Dieudonné Soglo, Boni Yayi et Patrice Talon ? Les trois hommes, qui ont eu des différends suite à la crise socio-politique pourraient-ils accorder leurs violons autour d’une candidature consensuelle? Bien malin qui pourra répondre à ces différentes questions. Une chose est évidente. Au-delà des personnalités, le choix du premier président du Sénat donnera le ton du fonctionnement de cette nouvelle institution. En attendant l’installation officielle du Sénat et l’élection de son président, les spéculations continueront d’alimenter le débat. La désignation du premier président du Sénat constituera l’un des actes politiques les plus attendus de cette nouvelle période de la vie politique. D’ici là, les paris restent ouverts. Patrice Talon prendra-t-il les rênes de cette chambre haute ou choisira-t-il, de surprendre une nouvelle fois en laissant cette responsabilité à une autre personnalité ? La réponse ne devrait plus tarder.
Mohamed Yasser Amoussa (Coll)




















