Les rideaux sont tombés à Cotonou sur la 7ème édition des États généraux de l’assurance pour tous, après trois jours de débats intenses. Face au faible taux de pénétration des services de couverture sur le continent, les acteurs du marché africain ont adopté une feuille de route commune baptisée « Pacte de Cotonou » afin de démocratiser l’accès à la protection sociale.
Le marché africain de l’assurance amorce un tournant stratégique majeur au terme de trois journées de concertations intensives tenues du 6 au 8 juillet 2026. Réunis autour de la problématique d’un marché accessible, inclusif et durable, les professionnels du secteur ont officiellement dévoilé les conclusions de leurs travaux devant les professionnels des médias. Cette initiative sectorielle ambitionne de transformer en profondeur un écosystème historiquement marqué par une faible accessibilité financière et culturelle. Accueillant l’événement sur le sol béninois, le président de l’Association des sociétés d’sssurances du Bénin (Asa-Bénin), Hervé Tchiakpè, s’est félicité de la qualité des échanges qui ont débouché sur l’adoption de 23 résolutions majeures. « Ces décisions permettront de franchir un pas de géant vers une assurance plus accessible », a-t-il affirmé lors de son allocution. Il a également rappelé que la faiblesse actuelle des indicateurs de pénétration de l’assurance en Afrique impose de repenser globalement les offres commerciales pour intégrer les tranches de la population jusqu’ici exclues des circuits formels. Le point culminant de ces assises réside dans l’élaboration du Pacte panafricain de l’assurance inclusive. Pour le président de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (Fanaf), Mamadou Koné, ce document de référence marque le point de départ d’un vaste mouvement de transformation sociale à l’échelle du continent. Le texte prévoit notamment le développement de produits segmentés et adaptés aux réalités locales, à l’instar de la micro-assurance santé, des couvertures agricoles et des solutions dédiées aux petites et moyennes entreprises. Le pacte intègre par ailleurs des orientations précises destinées aux administrations fiscales et aux régulateurs pour assouplir le cadre légal.
Un dispositif d’évaluation rigoureux en place
La viabilité de cette réforme repose sur un dispositif d’évaluation rigoureux à l’échelle régionale. Interrogé sur les modalités d’application de ces engagements, le président de la Fnaf a rassuré l’opinion publique quant à la mise en place d’un mécanisme de suivi de proximité. Les lignes directrices seront transmises aux ministères de tutelle des pays membres, tandis que les associations professionnelles nationales veilleront à leur exécution sur le terrain. L’agenda intègre des échéances d’évaluation strictes, avec l’objectif global de doubler le taux de pénétration sectoriel sur le continent à l’horizon 2040.
Karol B. Sékou (Coll)




















