(Les victimes toujours dans l’attente des réparations)
La nuit du jeudi 6 août 2026, le secteur du carrefour Beau Rivage sis au quartier Avakpa dans le troisième arrondissement de Porto-Novo a été le théâtre d’un incendie d’une ampleur exceptionnelle. En dépit de l’immensité des dégâts causés par les flammes, la propriétaire de la marchandise à l’origine de l’incendie ne semble faire montre d’aucune diligence pour réparer les préjudices occasionnés. Un constant désolant qui traduit une banalisation de la situation.
Selon les informations, un camion transportant des produits inflammables serait à l’origine de l’incendie. Le conducteur ayant perdu le contrôle de son engin est allé percuter un poteau électrique provoquant un grand incendie. Quoiqu’aucune perte en vie humaine n’est à déplorer, les dégâts matériels causés par l’incendie son considérables : le bitume des caniveaux a été détruit sur près d’un kilomètres après le ruissellement de l’essence ; des installations de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) ont été endommagées ; plusieurs boutiques ont été affectées ainsi que des clôtures et des plantations. En sus de ces dégâts, plusieurs infrastructures ont été touchées par les flammes, notamment un bâtiment à cinq étages. Ledit bâtiment a été fortement atteint par les flammes à plusieurs niveaux, occasionnant d’importants dommages, ce qui créée un manque à gagner aussi bien aux locataires qu’au propriétaire de l’immeuble qui enregistre le plus grand préjudice de ce drame. Plus de deux semaines après, aucune précaution n’a été prise pour assurer les réparations des dégâts causés. Un tour effectué par une équipe de la Rédaction de Le Matinal sur les lieux hier, mardi 25 août 2026, a permis de faire le constat de ce que rien n’a bougé depuis lors. De ce constant, émergent une série d’interrogations : Pourquoi les réfections n’ont-elles pas été entamées depuis que les dommages ont été évalués ? Qu’est-ce qui pourrait bloquer cette diligence que les victimes sont en droit d’attendre de la présumée auteure du drame ? Devrait-on se réfugier sous la couverture d’une police d’assurance pour s’abstenir de faire face à ses responsabilités ? Si les produits ont été dédouanés et que même le camion serait muni d’une assurance, cela dédouane-t-il de l’obligation de réparer les préjudices causés ? Des personnes tapies dans l’ombre tireraient-elles les ficelles en encourageant la dame à ne pas soulager les victimes ? Autant de questionnements qui trottent dans les esprits aussi bien des principales victimes que de ceux qui suivent de près cette actualité.
Négocier avant qu’il ne soit trop tard
Après la survenance de ce que d’aucuns qualifient de énième dégât de l’essence de contrebande au Bénin, la propriétaire de la cargaison s’est terrée dans un mur de silence. Idem pour le conducteur du camion qui n’a pas été identifié depuis lors. Cette attitude a exacerbé la colère des victimes et il aura fallu le descente du maire de Port-Novo Rachadou Toukourou et la préfète de l’Ouémé, Marie Akpotrossou pour calmer les tensions. Selon nos investigations, aux dernières nouvelles, des envoyés de la propriétaire de la marchandise auraient entrepris des négociations avec certains locataires des boutiques affectées par les flammes. Cette démarche aurait échoué car les victimes estiment que les montants qui leur sont proposés pour les réparations étaient dérisoires. Elles ont dit s’en remettre au verdict de la justice qui a été saisie du dossier. Ce premier échec ne doit pas flétrir l’élan de négociation entrepris puisque nul ne pourrait entrevoir l’issue d’une procédure judiciaire dont le verdict pourrait être salé pour la propriétaire de la cargaison. Négocier afin de trouver une issue pour réparer les dommages causés apparaît comme étant une porte de sortie réaliste pour atténuer l’effet de la décision judiciaire à venir. Comme le dit l’adage « un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès ». A bon entendeur…
Abdourhamane Touré

















