L’Espace culturel Le Centre a accueilli, samedi 26 septembre 2026, la représentation de « Et si ? », une création théâtrale de Carlos Adekambi Zinsou. À travers un spectacle transdisciplinaire, l’artiste a porté sur scène une réflexion sur la dégradation de l’environnement, les dérives du progrès, les conflits et les grands enjeux qui interrogent aujourd’hui l’avenir de l’humanité.
Sur scène, la nuit est tombée. Un linge blanc, une grande bâche blanche déployée comme une route et un assemblage d’instruments composent un décor sobre et évocateur. Les lumières s’éteignent. Un acteur vêtu de blanc apparaît. Dans ce silence originel, sa voix s’élève, mêlant vers et mots. « Au début, c’était le néant. » C’est ainsi que commence « Et si ? », la pièce de théâtre de Carlos Adekambi Zinsou. Quelques jeux de lumière viennent ponctuer la scène, tandis que la voix du comédien se fait tantôt récit, tantôt interrogation. La guitare accompagne ses premières paroles, avant que d’autres sonorités, inspirées des rythmes béninois, ne viennent donner une nouvelle profondeur. Peu à peu, le spectacle prend la forme d’un conte contemporain. Sur cette route symbolisée par la bâche blanche, l’acteur entraîne le public dans une réflexion sur le monde que l’homme construit, mais aussi sur celui qu’il contribue à détruire. « Le monde s’effondre et les équilibres se déséquilibrent », prévient le récit. Le temps semble alors suspendu avant de livrer une sombre perspective : « bientôt l’oxygène de l’air coûtera cher, la vie sera très chère. La terre va s’assécher et sera invivable. » Ces mots ramènent à la question environnementale. Le spectacle passe en revue les activités humaines et les mécanismes qui participent à la dégradation de la nature. La pièce explore également les dessous du progrès, les fondements de l’humanisme et de l’humanité et revient sur les conflits armés auxquels le monde fait actuellement face. La genèse de cette création remonte à une phrase de la conteuse Virginie Komaniecki qui accompagne Carlos Adekambi Zinsou depuis plusieurs années. C’est surtout la route qui va donner corps à cette réflexion. En 2023, l’écrivain entreprend de parcourir à pied le trajet Cotonou – Parakou, avec l’ambition de raconter et de recueillir des histoires. « En marchant, j’ai vu des choses qu’on ne voit jamais quand on est à moto ou à voiture. Comme je dis souvent, la route m’a parlé. Ce spectacle est le résultat de ce que la route m’a dit », a-t-il expliqué. Sur scène, cette expérience de la route devient un chef d’œuvre à dimension singulière. Le spectacle avance par tableaux, entre parole, musique et silence. Pour Berthold Hinkati, Directeur général de l’Espace culturel Le Centre, il a été séduit par cette dimension de la pièce. « J’ai été intéressé par le caractère transdisciplinaire de ce spectacle. On y trouve le conte, la danse et le chant », a-t-il souligné tout en évoquant « une pièce avec une belle scénographie et une parfaite symbiose avec toute l’équipe ». Par ailleurs, le responsable voit dans cette création une invitation adressée aux autres artistes à expérimenter de nouvelles formes. « C’est une création originale et le spectacle mérite d’être joué davantage pour montrer aussi à d’autres créateurs qu’on peut donner autrement », a estimé Berthold Hinkati. A l’espace culturel Le Centre, pendant que les lumières éclairaient par intermittence le blanc du décor, le théâtre a invité chacun à regarder autrement le monde qui l’entoure et à apporter une contribution pour un changement de mentalité.
Mohamed Yasser Amoussa (Coll)




















