Au second jour de sa visite de travail de 48 heures en France, le président Romuald Wadagni est reçu ce lundi par Emmanuel Macron. Entretien entre chefs d’État, place d’honneur devant les décideurs économiques, parole portée devant la jeunesse : la séquence parisienne illustre une diplomatie béninoise active, qui dialogue d’égal à égal et attend des résultats.
Le Bénin est venu à Paris avec un récit à faire entendre : celui d’un pays souverain, influent et ouvert, qui passe de la vision à l’exécution. Le président Romuald Wadagni et sa délégation entendent porter ce message en 48 heures, au fil d’une visite organisée en plusieurs séquences, chacune avec son public.
Une relation d’égal à égal
Le cœur politique de la visite se joue ce lundi matin au palais de l’Élysée. Emmanuel Macron y accueille son homologue béninois dans la cour d’honneur, avant un entretien élargi aux deux délégations. Les deux chefs d’État poursuivront ensuite en tête-à-tête dans le Salon des portraits, un format qui témoigne de la qualité du dialogue.
Le président Wadagni est entouré de la ministre des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, et du ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Yassine Latoundji. Il est aussi accompagné du ministre délégué Hugues Oscar Lokossou, chargé de la mobilisation des ressources extérieures et de la gestion de la dette. Alain Godonou, président du comité scientifique national chargé des restitutions, fait également partie de la délégation.
Des engagements qui se traduisent en projets
L’entretien ne doit pas rester au stade des déclarations. Pendant le tête-à-tête, le ministre Lokossou signe des accords avec l’Agence française de développement et Bpifrance. Ils concernent les réseaux électriques, la filière piscicole, les investissements agricoles et la création au Bénin d’un laboratoire d’excellence en hématologie médico-légale. Les deux présidents doivent ensuite présenter ensemble ces accords, entourés des signataires.
Le Bénin cité en exemple
La veille au soir, le chef de l’État béninois a déjà occupé une place singulière. Invité d’honneur du dîner de l’Africa France Impact Coalition, à l’Élysée, il a pris la parole immédiatement après Emmanuel Macron. La coalition, lancée à Nairobi en mai avec trente projets représentant 23 milliards d’euros, devient permanente. Cette place en tête de la tribune, devant des patrons africains et français, consacre un pays en progression. Sa croissance a atteint 8,1 % en 2025, et Moody’s a relevé sa note souveraine à Ba3 en août.
Une diplomatie qui parle à la jeunesse
La diplomatie béninoise investit aussi d’autres scènes. Dès samedi, en prélude à la visite présidentielle, la ministre Corinne Amori Brunet est intervenue à Sciences Po lors de l’Africa Day, qui attendait plus de 5 000 participants, majoritairement étudiants et jeunes diplômés. Elle y a ouvert un panel sur l’influence de la musique africaine. Elle a ensuite participé à un débat intitulé « L’image d’une nation : un nouvel instrument de puissance ? ». Le Bénin entend répondre à cette question par l’exemple : une image qui attire, une économie qui progresse et une mémoire qui rapproche. Une rencontre avec la diaspora béninoise était également prévue en marge de l’événement, l’occasion d’échanger avec des étudiants et de jeunes professionnels.
AT.


















