Le ministère de l’Économie et des finances renforce le contrôle et la traçabilité des missions officielles avec le lancement, mercredi 7 octobre 2026, de la troisième phase du Système d’encadrement des missions officielles (Semo+). La nouvelle application introduit la géolocalisation et l’identification biométrique pour attester de l’effectivité des missions des agents publics.
Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la modernisation de la gestion des missions officielles au Bénin. La Direction nationale du contrôle (Dnc) a procédé, mercredi 7 octobre 2026, au lancement officiel de l’application Semo+, troisième phase du Système d’encadrement des missions officielles. La cérémonie a réuni le Directeur national du contrôle, des cadres de la Direction générale du budget, ceux de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, des responsables de programmes ainsi que des directeurs de l’administration et des finances. Présentant la genèse et la justification de cette réforme, Victorin Chincoun, cadre de la Dnc, a rappelé que le Semo, initié depuis 2016, vise à moderniser, sécuriser et mieux tracer la gestion des missions officielles. Le dispositif repose notamment sur l’efficacité de l’action publique, la transparence dans la gestion publique, la redevabilité des gestionnaires publics et la bonne gouvernance des finances publiques. Sa mise en place répond à plusieurs insuffisances constatées dans l’ancien système, notamment les chevauchements de missions, les difficultés de vérification de leur effectivité, l’attribution inappropriée de certains grades, les ordres de mission délivrés à des personnes sans lien avec l’administration, l’insuffisance de traçabilité et les risques de paiements indus. Après le Semo, lancé en novembre 2020, qui a notamment contribué à mettre fin au chevauchement des missions, puis le Semo2, lancé en janvier 2026 et consacré à la bancarisation des frais de mission, le Semo+ constitue la troisième phase de la réforme.
Semo+ : géolocalisation, biométrie et traçabilité renforcée
La principale innovation du Semo+ réside dans la preuve numérique de l’exécution effective de la mission. À travers l’application dédiée, l’agent doit confirmer sa présence sur le lieu de mission grâce à la géolocalisation et à l’identification biométrique. Cette preuve, horodatée, sécurisée et traçable, est appelée à remplacer progressivement les justificatifs physiques, notamment les visas et cachets obtenus auprès des commissariats et postes de police. Une démonstration pratique de l’utilisation de l’application a été faite devant les participants. À l’issue de cette présentation, le Directeur national du contrôle, Aristide Edah Sohou, et le Directeur des systèmes d’information, Alain Ahounou, ont apporté des réponses aux différentes préoccupations soulevées par les participants.
Un pur produit « made in Benin »
Prenant la parole, le Secrétaire général du ministère de l’Économie et des finances, Cheigun Habib Tidjani, a salué une réforme qu’il considère comme une avancée dans la modernisation de l’administration. « Je n’ai jamais su que c’est une application qui a été développée au niveau local, au Bénin, au ministère des Finances, par les cadres du ministère de l’Économie et des finances. C’est vraiment un produit local, par des informaticiens du Bénin », a-t-il déclaré. Il a invité les responsables à accompagner l’appropriation de l’outil dans leurs différentes structures. « Je voudrais que chacun d’entre nous soit l’ambassadeur de cet outil », a-t-il insisté, tout en recommandant aux agents de procéder aux phases de test avant toute mission afin d’anticiper d’éventuelles difficultés. Le Secrétaire général a également insisté sur la nécessité de faire de chaque responsable un relais auprès de ses collaborateurs et de poursuivre les efforts de tous les acteurs ayant contribué au développement et au déploiement de la solution.
















